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La secte sans nom – Ramsey Campbell

La secte sans nom.jpgLa secte sans nom est d’abord un roman. A la fin des années 70 à Londres, Barbara Waugh est agent littéraire. Elle s’occupe avec passion et professionnalisme de ses auteurs car son travail est toute sa vie depuis qu’elle a perdu sa fille Angela. La petite a disparu neuf ans auparavant alors qu’elle avait quatre ans : un inconnu est venu la prendre à l’école et personne ne l’a jamais revue. Un corps méconnaissable a été identifié comme le sien. Angela était une enfant particulière, très éveillée, qui semblait apaiser son entourage. Elle avait une forte tendance à parler seule, ou avec son père, mort avant sa naissance.

Alors quand quelqu’un appelle Barbara « maman » au téléphone, celle-ci croit d’abord à une mauvaise blague. Mais peu à peu, elle pense reconnaître la voix de sa fille qui appelle encore et encore, toujours très brièvement,  lui demandant son aide. La voix lui donne rendez-vous dans un endroit qu’elle doit deviner. Là, elle rencontre une femme bizarre, Margery, qui lui explique que sa fille aussi a été enlevée par une secte, la secte des gens qui n’ont pas de noms. Margery trouve la mort dans la maison du rendez-vous en tombant dans l’escalier. Puis Barbara rencontre une jeune fille échappée d’une secte. Elle poursuit son enquête avec l’aide de Ted, son amant écrivain.

Ramsay Campbell installe très efficacement son suspens dès le début de La secte sans nom grâce à un prologue se déroulant en 1940 à la prison de San Quentin : un type qui se fait passer pour un médecin vient visiter un tueur et lui demande de lui détailler par le menu la façon horrible dont il a tué sa victime. Ce n’est qu’à la fin que le lecteur saura qui est ce type, mais on le garde tout le temps à l’esprit. Le lecteur prend bien sûr fait et cause pour Barbara qui a perdu son mari et sa fille. L’incompétence et le désintérêt de la police l’obligent à mener seule son enquête, qui se traine un peu parfois, surtout quand Barbara va inutilement d’un endroit à l’autre.

On s’achemine donc doucement vers un final horrifique de La secte sans nom, mais pas tant que ça. On ne saura pas grand-chose des intentions de la secte en question, ni même de ses agissements. Pas de descriptions sanglantes, de scènes de torture ou autres, les crimes ne sont qu’évoqués et non décrits. C’en est même un peu frustrant. La scène finale où Angela se débarrasse de ses complices est plutôt expédiée. J’ai trouvé dommage qu’on ne sache rien du cheminement psychologique de la jeune fille, de son endoctrinement, des raisons de son revirement.

J’ai eu moins peur que prévu et sans être totalement déçue, je m’attendais à plus horrible. Ceci dit, je n’ai lu ce livre que pour me préparer à regarder son adaptation par Jaume Balagueró.

La secte sans nom (The Nameless, 1981), Ramsey Campbell traduit de l’anglais (américain) par Gérard Coisne, Presses Pocket, septembre 1989, 345 pages, épuisé dans cette édition

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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