Jeunesse

Nina Volkovitch / 1 – Carole Trébor

Trebor.jpgNina Volkovitch a quinze ans et l’allure d’une gosse de douze. Elle vit dans un orphelinat d’Etat depuis que des hommes ont emmené sa mère, considérée comme ennemie du peuple. De son père elle ne sait rien car il est parti alors qu’elle était encore jeune. Nous sommes en URSS dans les années 40 et la vie n’est pas simple pour Nina. D’autant plus qu’elle comprend peu à peu grâce à un certain nombre d’indices laissés par sa mère qu’elle appartient à une famille vraiment particulière : les Volkovitch. Il semblerait que les gènes paternels lui aient légué un certain nombre de pouvoirs hors norme qu’elle ne connait ni ne domine.

A la fin des deux cents pages, Nina n’en saura pas beaucoup plus, et le lecteur non plus. Ce premier tome est une mise en place historique plutôt bien faite, tant il y a de choses à expliciter. Le jeune lecteur de douze ou treize ans ne connait pas grand-chose sur les conditions de vie dans la Russie soviétique et stalinienne, pas plus que sur le régime d’oppression et d’intimidation qui régnait alors. Il fallait donc que l’auteur fasse passer beaucoup d’informations historiques, sociales et politiques sans alourdir sa narration ni en ralentir le rythme, ce qui est globalement réussi (grâce en particulier à un glossaire et des notes de bas de page).
En dehors de ce contexte vraiment très original, le schéma est traditionnel : une adolescente doit se débrouiller seule, elle comprend qu’elle n’a jamais rien su de ses parents et qu’elle développe des pouvoirs jusque-là inconnus. La jeune héroïne ne manque pas de caractère ni de ténacité pour vivre des aventures à un rythme soutenu. Cette mise en place réussit donc le pari d’expliciter beaucoup sans alourdir l’action, mais on reste cependant sur sa faim quant aux origines de l’héroïne.

A noter que ce livre bénéficie d’une présentation qui tranche avec la production ado de chez Gulf Stream : une couverture très colorée et une tranche dorée.

Nina Volkovitch – 1 : la lignée, Carole Trébor, Gulf Stream éditeur, septembre 2012, 220 pages, 14.90€

A lire aussi :

Les nombreuses vies de Dracula – André-Franç... Après Fantômas, Frankenstein ou bien encore James Bond, la collection « Bibliothèque rouge » des Moutons Électriques nous revient avec une biographie ...
Les mains d’Orlac – Maurice Renard En 1912, le docteur Alexis Carrel réussit les premières cultures de tissus humains. La même année, Gaston de Pawlowski imagine des banques d'organes d...
Peur Express – Jo Witek Quelques jours avant Noël, le TGV Paris-Perpignan part bondé alors qu’il neige abondamment. Une conductrice, deux chefs de bord, une serveuse en voi...
La possibilité d’une île – Michel Houe... "Aussi ne fallait-il nullement s'étonner qu'un animal, n'importe quel animal, ait été prêt à sacrifier son bonheur, son bien-être physique et même sa ...

Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *