Adultes

Idlewild – Nick Sagan

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Hal se réveille : il a perdu la mémoire. Il ne sait pas où il est, il arrive dans une grande maison qu’il ne reconnaît pas, il ne se voit pas dans le miroir et il a le sentiment d’avoir tué Lazare sans savoir de qui il s’agit. Puis tout lui revient, Maestro lui apprend que tout va bien désormais, juste un bug (l’incident Calioppe). Avec son pote Merc, il parvient à s’échapper et on comprend qu’il s’agit d’une réalité virtuelle. Les jeunes sont élèves dans un centre pour gosses de riches (l’académie Réalité Virtuelle Immersive d’Idlewild, dans le Michigan, un centre d’apprentissage progressif) où ils sont en permanence reliés à la VIR qui leur enseigne à peu près tout ce qu’ils doivent savoir comme s’ils le vivaient, Maestro étant l’image virtuelle de leur propre prof.

Alors le lecteur (le vieux lecteur…) se dit qu’il a encore à faire à un livre sur la réalité virtuelle. Et s’affichent dans son cerveau hyper actif, limite dopé à la VIR, tous les livres/films qu’il a déjà lus/vus sur le sujet, depuis au moins Platon. Va falloir faire fort pour l’impressionner.

On suit donc le suspens mis en place autour de la disparition de leur camarade. Mais où est passé Lazare dans la VIR ? Et dans la vraie vie ? On leur dit qu’il a réussi le diplôme et est parti. Sans dire au revoir ? Hal est certain qu’il est mort. Et qu’il s’est passé quelque chose de bien plus grave qu’un bug quand il a perdu connaissance.

Et en fait oui, ce que Nick Sagan construit là est bien plus complexe qu’un vrai/faux jeu en réalité virtuelle. Et aussi bien plus intéressant. Mais il ne faut pas lire que d’un oeil car les indices sont semés, au lecteur de les récolter, de les assembler pour comprendre ce que font tous ces jeunes gens. Certains personnages interviennent, Blue, le Southern Gentleman, dans des passages en italique auxquels on ne comprend d’abord rien, puis tout ça prend sens petit à petit et on peut dire que l’idée est audacieuse.

Malgré des dialogues à deux balles criant de naturel, plus on en apprend sur eux, plus on s’intéresse à ces jeunes héros et à leur devenir. Ça n’est pas le suspens de l’année, mais c’est très bien fait, les niveaux de réalité s’enchaînent et la problématique s’élargit bien au-delà du virtuel ou non.

Le premier tome d’une trilogie prometteuse.

Idlewild (Idlewild, 2003), Nick Sagan traduit de l’américain par Patrick Imbert, J’ai Lu (Nouveaux Millénaires), avril 2011, 285 pages, 20 € (c’est cher !)

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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