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L’ange blond – Laurent Poujois

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Quelques billets enthousiastes ici ou là ont attiré mon attention sur ce livre, d’autant plus que je gardais un bon souvenir du premier roman jeunesse du même auteur, paru il y a quelques années chez Milan. Je m’attendais à une uchronie et à beaucoup d’action, et c’est exactement ce que j’y ai trouvé.

Une jeune femme, Aurore Lefèvre, sorte de James Bond au féminin, n’aime rien tant que relever des défis aussi sportifs que dangereux et illégaux. La création musicale est aussi une de ses passions, qu’elle assouvit sous le pseudonyme de l’Ange blond. Parce que oui, elle est blonde et intelligente (ben quoi ?), la preuve en est qu’elle a quitté la Légion, non sans poursuivre un entraînement digne des plus virils militaires. Ces atouts vont lui être indispensables lors de la mission qu’on lui impose : déjouer un complot contre l’Impératrice, en infiltrant le milieu artistique européen, et en particulier celui du producteur Otto Hitler.

Parce dans cette uchronie, la Seconde Guerre mondiale n’a pas eu lieu et l’Adolphe Hitler que nous ne connaissons pas a eu tout le loisir d’engendrer une descendance, entre deux toiles à Vienne. C’est que depuis deux cents ans, l’Empire napoléonien règne sans partage sur une grande partie de l’Europe, grâce à l’écrasement de l’empire britannique et à une alliance franco-écossaise (si ça n’est pas une belle revanche ça !).

Alors oui, les amateurs d’action et de dialogues percutants laissant le fin mot à l’héroïne qui ne manque jamais de répartie (la dame est un brin impertinente) s’enthousiasmeront certainement à cette lecture. Pas moi. Ça n’est pas du tout mon genre de livre, mais je lui reconnais cependant toutes les qualités nécessaires à un roman d’action et d’espionnage. Rapidement lassée par lesdits dialogues et scènes hautement dangereuses et certainement haletantes, je me suis plus intéressée à l’aspect uchronique du roman. L’idée de départ est originale, même si mes Anglais bien aimés n’y ont pas le beau rôle. Cependant, le traitement n’en est pas aussi fouillé qu’on aurait pu l’espérer, j’aurais par exemple aimé plus de descriptions de la ville, du décor et du quotidien des personnages qui sont surtout envisagés sous l’angle des améliorations technologiques, la révolution industrielle n’ayant pas eu lieu, laissant le champ libre aux biotechnologies.

Simatural, de la librairie Critic, résume très bien mon impression : « Une fois refermé L’Ange blond, il reste cette impression que vous avez peut-être ressentie à la sortie d’un bon gros blockbuster hollywoodien : celle d’en avoir pris plein la tronche« . Je n’aurais su mieux dire, mais pour ma part, ça m’épuise et ne m’intéresse pas.

 

Laurent Poujois sur Mes Imaginaires

L’ange blond, Laurent Poujois, Mnémos (Icares), février 2010, 302 pages, 19,90€

 

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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