Adultes

La voie du cygne – Laurent Kloetzer

La voie du cygne

On retrouve dans La voie du cygne l’univers étrange de Mémoire vagabonde… et certains de ses personnages, comme le valet Alexis, toujours aussi insolent. On croise même Jael de Kherdan dans les pages finales.

Ici, le héros est Jéophras Denio, professeur à l’université de Dvern et grand inventeur de machines volantes. Sa fille adoptive Carline a été enfermée dans les prisons du palais du prince Melki et il se lance à sa recherche. Elle est accusée d’avoir poignardé le prince Denio, cousin de ses Majestés lors d’une soirée entre membres de la famille princière. D’aventures en aventures, Jéophras va si bien retrouver sa fille qu’il sera enfermé avec elle. Il va côtoyer le monde des aristocrates de Dvern, le prince lui-même, cruel et cynique, et son frère, le décadent Jaran, prince du mystérieux royaume de la Petite Dvern.

Jéophras est décidé à innocenter sa fille. Il va donc enquêter pour trouver le véritable assassin du prince Denio. Le récit de son enquête croise deux autres récits : celui de la soirée lors de laquelle Denio fut tué après une partie de jeu de l’oie (ou jeu du cygne) ; celui de l’enfance des quatre membres de la famille princière. Grâce à celui-ci on comprend peu à peu comment ont été élevés les protagonistes (dans les coups, la haine et la compétition) et pourquoi ils en sont arrivés à s’aimer ou se détester. Les personnalités s’affirment peu à peu, jusqu’à dévoiler le monstre fou et sanguinaire que fut le précédent prince de Dvern, père de Jaran et Melki.

Ce roman conjugue enquête policière et intrigues de cour. Laurent Kloetzer a un don certain pour créer une ambiance feutrée, floue, souvent inquiétante dans laquelle évoluent des personnages complexes dont les motivations s’esquissent peu à peu aux fils des récits habilement entrecroisés. Les complots, trahisons et autres jeux dangereux rappellent les cours européennes de la Renaissance, où tous les princes étaient plus ou moins cousins et avaient une bonne raison d’en vouloir à leur frère, leur père, leur oncle…
Un bon roman donc, meilleur que Mémoire vagabonde ou le texte s’étirait sans vraiment d’intrigue. Ici, elle est maîtrisée et efficace.

Laurent Kloetzer sur Mes Imaginaires

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La voie du cygne, Laurent Kloetzer, Mnémos (Icares), 1999, 315 pages, 17€

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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