Adultes

Le 5eme règne – Maxime Williams/ Chattam

Maxime ChattamNe vous fiez jamais aux quatrièmes de couverture ! Ce sage conseil devient un ordre concernant ce livre. Le 5ème règne est le premier roman du jeune français Maxime Williams, y lit-on. Lequel a déjà publié deux romans (L’âme du mal et In tenebris) sous le nom de Maxime Chattam : première imposture. Seconde imposture, ce livre a reçu le prix du roman fantastique du festival de Gérardmer : n’y avait-il pas d’autres livres en compétition ? Car il y a tout de même de quoi s’étonner.

Nous avons là une bande de jeunes, genre Club des Cinq en plus vieux mais guère plus intelligents (les dialogues en témoignent) : un blouson noir au cœur tendre, un petit gros qui geint tout le temps, le black de service, le rationaliste qui garde les pieds sur terre, deux filles… Américains moyens, propres sur eux, qui mangent des « friandises », mais qui tout de même aiment bien se faire des frayeurs en faisant des parties de paint ball dans des lieux interdits ou en sortant la nuit sans l’autorisation de leurs parents alors qu’un serial killer rôde… Par une sordide nuit d’orage, ils trouvent un livre très dangereux qui leur attirent tout plein d’ennuis. Car ce livre de magie est convoité par un sorcier très méchant et par l’Ogre de la côte est qui a déjà tué des enfants et va bientôt s’en prendre à notre bande de jeunots.

Voilà : un serial killer, un sorcier fou, des scènes sanglantes, des nuits d’orage. Un thriller à l’américaine écrit par un Français qui donne à ses personnages des noms tels que Benjamin Hannibal, Waren King ou Lewis Connelly… Si vous voulez du vrai suspense à l’américaine, suivez plutôt les références… Car ici tout est long, beaucoup trop long. Le décor, les personnages et les dialogues sont tellement vus et revus, simplistes que l’auteur ne parvient pas à créer l’ambiance inquiétante et oppressante qui saisirait le lecteur durant les cent interminables premières pages.
L’idée n’est pas originale (forces du Bien contre forces du Mal), pourtant le scénario se tient et l’aisance d’écriture est indéniable. Malheureusement, les forces surnaturelles invoquées par le méchant sorcier ne nous font pas frémir une minute et le sort des jeunes héros nous indiffère peu à peu. J’ose, pour vous mettre au parfum, vous dévoiler le deux dernières phrases de ce suspense : « Ils se regardèrent tous et éclatèrent d’un rire bien sonore. Plus tout à fait le rire qu’ils avaient quelques semaines plus tôt, un rire moins innocent, moins insouciant, plus adulte. » Encore un adepte des gros sabots…

Précision : lors de sa réédition en poche en 2006, ce roman parait sous le nom de Maxime Chattam…

Cet article a été publié dans Science-Fiction Magazine n°39, décembre 2003

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Le 5ème règne, Maxime Williams, Le Masque, 2003, 483 pages, 13 euros

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