Jeunesse

Les Enfants du rêve / 1 – Laurent Poujois

Poujois« On raconte que dans Ulthar, de l’autre côté de la rivière Skaï, aucun homme n’a droit de tuer un chat. » Si cette phrase vous rappelle quelque chose, vous êtes certainement un lovecraftien averti et dans ce cas, vous ne serez certainement pas déçu par l’exercice difficile auquel se livre Laurent Poujois dans son premier cycle science-fictif. Il m’a toujours semblé assez périlleux d’essayer de réinvestir un univers d’écrivain, de se l’approprier pour y faire évoluer ses propres personnages. Si Poujois y parvient plutôt bien, c’est certainement qu’il a su créer des personnages et une intrigue autonomes, dans un univers référentiel et nostalgique.

Nous avons quatre adolescents vivant sous terre comme la majorité des êtres humains après l’invasion de la surface par le virus de la Mutation. La société très hiérarchisée, voire totalitaire y est dirigée par les Profonds pour lesquels plus on s’enfonce, plus on est supérieur à son voisin. On remet aux jeunes héros de mystérieux médaillons qui vont permettre à trois d’entre eux de pénétrer, pendant leur sommeil, sur les Terres des rêves. Ils vont découvrir qu’ils sont de Grands Rêveurs et qu’ils ont un rôle à jouer dans la survie de leur monde. En effet, un affreux méchant envoyé par les Grands Anciens, leur court après et après le médaillon noir au nom de son chef, un certain Cthulhu, Maître des cauchemars. Une fois qu’il les aura…
Du suspense il y en a, d’autant plus que tout n’est pas encore expliqué (tant mieux) : le père de Jérémie a disparu, peut-être à la surface : pourquoi ? Eliminé par les Profonds ? Qui sont exactement les Guerriers Shaï ? La vie est-elle vraiment impossible pour les humains à surface ou est-ce de l’endoctrinement ? Les Mutants sont-ils tous horriblement méchants ? Assisterons-nous enfin au réveil des Grands Anciens ? En tout cas, il n’y a pas à dire, leurs nuits sont bien plus exaltantes que leurs jours. D’autant plus qu’un parfum d’aventure vous saisit dès le prologue, très réussi. Je ne suis par contre pas complètement convaincue pas les jeunes héros (une Black, un handicapé, un magrébin et un obèse – pour faire court…) mais le reste fait oublier leur manque d’originalité et la distribution « politiquement correcte ».
Suivant le chemin ouvert par Brian Lumley, Sylvain Poujois réussit son hommage créatif au solitaire de Providence et à Lumley lui-même, auteur du cycle de La Terre des Rêves. Attendons donc de voir la suite.

Laurent Poujois sur Mes Imaginaires

Les Enfants du rêve, tome 1 : le monde éveillé, Laurent Poujois, Milan, 3ème trimestre 2006, 269 pages, 13€

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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