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Un bonheur insoutenable – Ira Levin

LevinCopeau vit dans un monde où tout est fait pour être heureux. Nulle place au hasard, chaque membre de la Famille est pris en charge de sa naissance à sa mort (à l’âge de soixante deux ans) : Uni pourvoit à tout, répond à toutes les questions. Hommes et femmes n’ont qu’à recevoir leur chimiothérapie mensuelle pour que tout continue ainsi, dans le meilleur des mondes…
Cependant, malgré l’omniprésence de gentils conseillers, Copeau doute. Il est alors contacté par un groupe de membres qui eux aussi pensent autrement. Ils lui apprennent à feindre afin que ses doses mensuelles soient réduites et qu’ils puissent se réunir régulièrement pour profiter d’une certaine liberté : celle de fumer, de lire et de faire l’amour autrement que tous les samedis soirs. Mais bientôt, Copeau veut plus que ces maigres avantages : il veut fuir avec la belle Lilas. Mais fuir où et pour trouver quoi, tout le globe semble occupé par Uni ?

Quand Copeau parviendra à fuir l’insoutenable bonheur qu’on lui propose, il trouvera pire : l’injustice, le travail forcé, la loi du plus fort. Dans cette dystopie, à mettre au rang des meilleurs scénarios du genre, il est question de totalitarisme, bien sûr, mais surtout de liberté individuelle. Que fait l’être humain quand il est libre d’organiser la société à sa guise ? Il spolie et exploite. Ne vaut-il mieux pas se mettre du côté du pouvoir, en devenant à son tour grand manipulateur ? Quand Copeau aura le choix de passer de manipulé à manipulateur, il préférera réagir en faisant sauter le système oppresseur, parce qu’il est un héros de roman. Mais existe-il des hommes qui refuseraient le pouvoir pour le bien de l’humanité ? Copeau incarne l’idéal dans une société assistée et uniformisée à l’excès, celle-là même que la mondialisation nous tricote petit à petit.

Un bonheur insoutenable (This Perfect Day, 1970), Ira Levin traduit de l’anglais (américain) par Franck Straschitz, J’ai Lu (Science-fiction) n°434, 1976, 371 pages

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