• Ours – Diego Vecchio

    Il nous a tenu compagnie, il nous a aidés à affronter le dur passage entre la réalité et l’inconnu de la nuit dans ce lit, qui n’est « pas seulement une surface faite pour dormir ou rêver, c’est aussi la porte d’entrée vers un monde visqueux et obscur, comme un boyau« . L’ours, autant peluche que fantasme. Estrella Gutiérrez n’arrive plus à faire face aux insomnies de son fils Vladimir. En bonne mère, elle a tout fait : histoires, verres d’eau, lumière. Re-histoires, re-verres d’eau, mais rien n’y fait : depuis que Vladimir a perdu son ours en peluche, il ne dort plus. En désespoir de cause, elle entre dans un magasin…

  • Le bacille – Arnould Galopin

    Arnould Galopin imagine  un scientifique reconnu, Martial Procas. Sa spécialité : les microbes pathogènes. Beau comme un dieu, il fait courir le tout-Paris lors de ses conférences universitaires, surtout les Parisiennes. « Son dernier volume sur les cellules phagocytes – 700 pages in-octavo jésus, avec planches en couleurs -, eut le succès d’un roman d’aventures« . Mais homme de science avant tout, il ne remarque pas les minauderies des unes et des autres. Jusqu’au jour où une belle Américaine attire son regard. Et Procas, l’homme d’un seul amour tombe éperdument amoureux de cette aventurière qui ne le mérite pas. Car quelques semaines à peine après le mariage, madame s’ennuie et va voir…

  • Le brouillard – Henri Beugras

    Parmi les petits trésors que les éditions de L’Arbre vengeur déterrent régulièrement, en voilà un d’Henri Beugras qui m’était totalement inconnu et me réjouis. Il s’inscrit dans la veine des romans intrigants, volontiers labyrinthiques et oppressants, héritiers à la fois de Kafka et des surréalistes. Quand Isidore Duval arrive dans une ville inconnue, sans savoir qui il est, d’où il vient et où il va, c’est Le procès qui vient immédiatement à l’esprit. Mais le ton général, et surtout les personnages à la fois banals et inquiétants, me rappellent aussi certains protagonistes de Marcel Béalu, comme cet oculiste qui ne vend pas des lunettes mais des yeux (in « L’Expérience de…

  • Redrum – Jean-Pierre Ohl

    De Jean-Pierre Ohl, j’ai pu apprécier il y a quelques temps Les maîtres de Glenmarkie, roman très écossais et très brillant dans l’univers dickensien. Les mêmes qualificatifs s’appliquent à Redrum, le maître étant désormais Stanley Kubrick. Stephen Gray s’intéresse à un art révolu : le cinéma en 2D. Spécialiste de Stanley Kubrick, il est invité à participer à un colloque sur l’île écossaise de Scarba, là même où vécurent ses ancêtres, des générations de pêcheurs bas du front que son père a fui pour devenir ingénieur. L’invitation émane d’un certain Némos Onésimos, un industriel milliardaire reconverti dans le mécénat culturel. Il est l’inventeur de la Sauvegarde, un procédé informatique permettant de stocker…