• Nina des loups – Alessandro Bertante

    L’apocalypse a aussi atteint l’Italie. Voici donc une version italienne de l’après catastrophe, celle d’Alessandro Bertante, la deuxième qui nous parvienne, je crois. Faisons court puisque nous sommes en territoire connu : récession, crise financière, faillite des banques puis chômage, pillages et retour à la sauvagerie, sauve qui peut. Tout ça n’est qu’évoqué car le roman s’ouvre sur le village montagnard isolé de Piedimulo, trois ans après la catastrophe. La communauté vit en autarcie et subvient à ses besoins sous la gouverne juste et ferme d’Alberto. Le seul moyen d’accès, un tunnel, a été obstrué. A force de travail et de discipline, les villageois s’en sortent. On n’est pas bien loin…

  • L’homme vertical – Davide Longo

    Leonardo a été écrivain et professeur d’université. Il y a de cela longtemps, très longtemps, comme dans une vie antérieure. Il s’est retiré dans un petit village, loin de l’agitation, mais c’est l’agitation qui le rejoint. Alors qu’elle ne concernait que les frontières, une vague de violence avance irrémédiablement vers Leonardo et son village.  Déjà, les denrées manquent et des habitants sont partis, vers la Suisse ou la France. D’autres s’organisent en milices pour empêcher les « extérieurs » d’approcher car c’est d’eux que vient le danger. Mais bientôt, il devient évident que les bandes qui tombent sans crier gare sur une maison isolée, un village, sont constituées de jeunes et non…

  • Le château d’Eymerich – Valerio Evangelisti

    Les éditions La Volte ont entrepris de publier toutes les aventures de l’infâme inquisiteur Nicolas Eymerich. Entreprise qui comporte des rééditions et des inédits, comme cet opus qu’on se ravit de voir disponible en français. Eymerich, rappelez-vous, c’est ce dominicain qui à force de manigances et de morts parvient au poste d’inquisiteur général du royaume d’Aragon. Sa spécialité : les manifestations sataniques et autres phénomènes inexplicables. Mais ce n’est pas tout : Evangelisti lie le sort de l’inquisiteur et de ses contemporains à ceux de personnes situées en d’autres temps et d’autres lieux, eux aussi en prise avec des manifestations similaires. Fin des années 1360, Eymerich et son collègue inquisiteur Gallus se rendent…

  • Cinacittà – Tommaso Pincio

    Un changement climatique vieux de plusieurs siècles, refroidissement, réchauffement, et nous voilà à Rome, de nos jours où dans quelques années, devenue inhabitable en raison de la chaleur intense. Il n’y a plus de Romains à Rome, juste des Chinois, les nouveaux barbares qui ont accéléré sa chute. D’où le titre à double sens (plus perceptible en italien) : hommage à Cinecittà, l’âge d’or du cinéma italien, mais aussi Chinatown. Après l’année sans hiver, les Romains ont commencé à immigrer vers le Nord. Ceux des Romains qui restaient vivaient la nuit, comme des vampires. Au moment où débute le roman, le narrateur est le dernier Romain présent à Rome, mais…

  • Nicolas Eymerich, inquisiteur – Valerio Evangelisti

    Voici le premier volume des aventures d’un inquisiteur tout ce qu’il y a de plus détestable : Nicolas Eymerich, dominicain qui au XIVeme siècle rédigea le Manuel des Inquisiteurs. Personnage historique récupéré par Evangelisti à des fins romanesques et science-fictives : il fallait oser faire d’un bourreau un héros. Ce premier opus est polyphonique et polychronologique, si j’ose dire. En 1352, le royaume d’Aragon vient de perdre son inquisiteur général. Le jeune et ambitieux père Nicolas va manigancer et devancer tout le monde pour être le nouvel élu à ce poste qui confère puissance et respect. En plus de ses manipulations en haut lieu, il serait opportun qu’il résolve une…