Adultes

Un monde après l’autre – Jodi Taylor

Max est une jeune historienne embauchée par l’institut St Mary. Après avoir signé, on lui explique qu’il ne s’agit de rien moins que de voyager dans le temps. Pour observer, pas pour modifier l’Histoire. Seulement voilà, partout où passe Max, c’est le Bronx…

Maxwell et ses camarades historiens observent et cherchent à comprendre. Premier voyage assez tourmenté durant la Première Guerre mondiale. Le second au Crétacé. Ça fait loin mais quelle aubaine de pouvoir observer les dinosaures ! Et puis on ne risque pas de croiser beaucoup d’humains à l’époque. Erreur fatale… il semblerait que les dirigeants de St Mary aient quelques problèmes et qu’une rivalité existe déjà. L’équipe croise donc quelques compatriotes en train de développer un lucratif tourisme de masse.

Il faut avouer que ce premier tome des Chroniques de St Mary est plaisant à lire. Max la narratrice a beaucoup d’humour et un don inné pour les emmerdes et complications. Jamais rien ne se passe comme prévu, tout tourne à la catastrophe. La narration se fait donc sur le mode sauve qui peut, ponctuée par des épisodes dépressifs qu’on sait d’avance éphémères.

Sachant cependant que la série compte déjà neuf tomes au Royaume Uni, il faut plus que l’aspect humoristique et rocambolesque pour retenir le lecteur. Or, pas mal de points pèchent par superficialité. Si Max est bien esquissée, les autres personnages qui forment l’équipe de St Mary restent superficiels au point qu’on a du mal à les distinguer. Ils semblent aussi experts en Histoire que moi en physique des particules… Si Max voyage dans le temps, on évalue mal celui de la narration et on s’étonne au détour d’une page que cinq ans se soient écoulés. Et je n’ai même pas compris le pourquoi de la rivalité entre historiens car l’explication est bien vite expédiée. On comprend qu’il faut de gentils et de méchants historiens qui se tendent des pièges, se fassent des crasses et se mettent sur la tronche à différentes époques.

Par ailleurs, le traitement du voyage dans le temps est complètement incohérent. On n’a pas le droit de modifier l’Histoire, donc d’interférer dans les événements, soit. Or, voilà nos historiens en train de sauver des manuscrits de la bibliothèque d’Alexandrie ! Oh ils ne les ramènent pas, non, ils les planquent à l’époque dans des jarres et revenus de nos jours (quand au juste ?), ils les « découvrent » en collaboration avec leur université partenaire… Sans parler des dizaines de dinosaures et d’êtres humains qui meurent au Crétacé en raison des affrontements.

Le lecteur a vraiment du mal à croire qu’il a affaire à des historiens sérieux. Il s’agit clairement là d’un prétexte pour mettre en scène des voyages dans le temps tournant mal car orchestrés par des incapables. On est loin, très loin du talent de Connie Willis

Bref, tout ça est joyeusement incohérent et repose donc essentiellement sur le rocambolesque et la personnalité très affirmée de la narratrice. De là à la suivre pendant une dizaine de volumes…

Voir le site dédié.

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Les Chroniques de St Mary – 1 : Un monde après l’autre (Just One Damned Thing After Another, 2013), Jodi Taylor traduite de l’anglais par Cindy Colin Kapen, HC Editions, février 2018, 352 pages, 14,50€

 

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