La Maison des reflets – Camille Brissot


La Maison des refletsDaniel Edelweiss, quinze ans, vit dans la Maison des reflets avec son père. C’est là que depuis quelques années, il est possible de venir voir ses morts sous forme de reflets. Ils ne sont pas ressuscités, juste visibles via des projections mais mus par une IA tellement performante que l’illusion est parfaite. Daniel vit d’ailleurs près de sa mère, morte alors qu’il n’était encore qu’un enfant. Il la voit, lui parle et elle lui répond.

Il en est de même pour ses seuls amis, morts eux aussi, mais qui sont le quotidien du jeune garçon. Il a également près de lui Mme Elia, gouvernante bien vivante qui lui sert de préceptrice. Daniel ne sort donc pas de la Maison, il y est heureux malgré l’indisponibilité permanente de son père, toujours très accaparé par la création de nouveaux reflets et de nouveaux décors pour les faire évoluer.

Un jour pourtant, il sort : il s’aventure hors de la Maison et tombe dans une fête foraine presque déserte. Il y rencontre Violette, jeune fille gaie et lumineuse qui lui fait faire le tour des attractions, puisque ses parents sont forains. Puis les jeunes gens se quittent mais Violette hante Daniel. Elle va bientôt partir sur les routes avec les siens et ils décident de s’écrire.

La Maison des reflets est un roman sensible sur le thème délicat de la mort. La douleur du deuil est constamment présente, mêlée à la joie de la découverte adolescente des sentiments. Daniel est un personnage riche, tiraillé par ses incompréhensions, ses envies et l’admiration qu’il a pour son père. Il est fier de cette Maison des reflets qui jamais ne désemplit et permet aux gens accablés de tristesse de prolonger leur relation avec leurs morts.

Il n’y a pas de condamnation du virtuel, mais une lente prise de conscience du personnage : que sait-on de l’Autre ? La virtualité n’est-elle que tromperie ? La réalité est-elle plus fiable ? Camille Brissot propose également une réflexion sobre sur la place et l’acceptation de la mort aujourd’hui, alors que l’Homme semble dominer le temps et des machines ultra perfectionnées, pourquoi la vie ne se prolongerait-elle pas dans le virtuel ? L’omniprésence technologique est-elle un danger ou un réconfort en particulier pour les solitaires et les affligés ?

Il n’y a pas de réponses simples et péremptoires dans La Maison des reflets mais une invitation à la réflexion par le biais d’une histoire qui reste délicate, jamais démonstrative ou mièvre.

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La Maison des reflets, Camille Brissot, Syros, février 2017, 344 pages, 16,95€

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Ils sont six. Six potes réunis par une activité hors du commun qu'ils pratiquent depuis plusieurs années : testeurs de médicaments pour l'industrie pharmaceutique. Diarrhées, vomissements, malaises, éruptions cutanées, ils connaissent. Ils connaissent aussi les risques du métier mais pour vivre à New York aujourd'hui, faut ce qu'il faut. Lloyd…

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