Un pape pour l’apocalypse – Jean-Luc Marcastel


Un pape pour l'apocalypseDes fouilles archéologiques ont lieu sur l’ancien emplacement de l’abbaye Saint-Géraud à Aurillac. Une étrange tête mécanique y est découverte et rapidement volée sur le chantier. C’est au capitaine Malo Sinclair qu’on confie l’enquête. Va-t-elle le sortir de la torpeur de son exil forcé ? Depuis trois ans qu’il végète loin de la capitale, Malo ronge son frein dans cette province de fin fond du monde où il ne se passe rien. Pire que tout, il doit supporter Albert, son subordonné 200% aurillacois et grande-gueule à décoller les tympans. Du genre simple d’esprit dont il se passerait bien.

L’affaire de la tête, qu’on dit construite jadis par Gerbert d’Aurillac, le pape de l’an mille, ne comblerait pas l’appétit d’action de Malo si un meurtre inespéré ne venait la pimenter. Un meurtre, enfin ! Un certain Bergier, érudit local, est retrouvé mort dans l’incendie de sa maison. Le même Bergier qui a conseillé les archéologues qui ont découvert la tête mécanique. L’affaire commence à intéresser Malo, elle finit même par le passionner quand débarque dans son bureau une certaine prof d’histoire-géo hyper bien roulée qui met en éveil les sens de ce célibataire forcé.

Un trio improbable composé de Malo, Albert et Mlle Mignon se lance sur les traces des Neuf Supérieurs Inconnus, sorte de confrérie secrète qui lutte contre la fin du monde, rien que ça. C’est que le grand Gerbert, si précoce et brillant, a jadis un peu abusé de son savoir. S’il existe aujourd’hui un objet capable de déclencher l’apocalypse, chacun des neuf gardiens doit en détenir un morceau pour que jamais il ne soit reconstitué. Et il semblerait que quelqu’un cherche à récupérer ces différents morceaux à n’importe quel prix, y compris le meurtre.

Voilà du travail pour Malo qui va avoir fort à faire puisque le meurtrier semble doué d’une force extraordinaire et ne pas être sensible aux balles.

L’enquête conduira le trio et le lecteur à Londres, Madrid et Rome sur un rythme trépidant. Mais nous voilà principalement transportés à Aurillac, une ville que Jean-Luc Marcastel connaît bien puisqu’il y vit. Son évident attachement à cette froide cité ne l’empêche pas de faire preuve d’un humour salutaire à son égard, humour qui est un des moteurs de ce roman, qui s’inscrit cependant principalement dans la veine du thriller, ésotérique sur les bords.

Jean-Luc Marcastel s’est plongé dans l’histoire de sa ville et de son plus illustre natif, y a ajouté une touche d’ésotérisme bienvenue et beaucoup d’humour local et le résultat fonctionne très bien. Pas besoin de lui servir les blagues sur son trou, il les connaît toutes et en use efficacement. Sur un canevas ésotérique qu’on imagine usé, il parvient à surprendre : l’imagination n’est à l’évidence pas un problème du côté d’Aurillac.

Le vrai point fort à mes yeux (en plus de la maîtrise historique), ce sont les relations entre les personnages, qui dynamisent l’action. Albert, c’est le type même du gros bras débile, le rugbyman au cerveau minimaliste qui se révèle bien utile, soit par naïveté, soit par ses capacités insoupçonnées. La miss Mignon, qui suscite tous les fantasmes masculins et les clichés qui vont avec, est elle aussi plus surprenante qu’on le pense au départ.

Un pape pour l’apocalypse ne renouvelle pas le genre du thriller ésotérique mais il le distille à la sauce cantalienne et franchement, ça lui donne un goût tout à fait particulier, pas forcément bon pour le régime (537 pages, c’est roboratif comme la bouffe de là-bas) mais original.

Jean-Luc Marcastel sur Mes Imaginaires

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Un pape pour l’apocalypse, Jean-Luc Marcastel, Pygmalion, octobre 2017, 537 pages, 20,90€

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