Les Chevaliers d’Héliopolis / 1 – Jodorowsky et Jérémy


Les Chevaliers d'HéliopolisGrâce aux conseils avisés de Fulcanelli, Louis XVI parvient enfin à engrosser Marie-Antoinette. Il est tellement content de lui, qu’il engrosse aussi la nouvelle boulangère, Charlotte. Les deux femmes accouchent le même jour : Charlotte d’un garçon, la reine d’un hermaphrodite. Le couple royal accepte de garder le secret quant à la nature extraordinaire de leur progéniture.

Charlotte devient la nourrice du Dauphin, délaissant son propre fils qui grandit grâce aux bons soins d’une chienne. Il demeure idiot et ne s’exprime qu’en aboyant tandis que Charlotte s’attache à Louis-Charles de Bourbon et reste la maîtresse du roi.

Quand Louis XVII est enfermé au Temple, Fulcanelli (très rajeuni) vient trouver Charlotte qui s’est enfuie avec son fils. Il lui demande de l’aider à faire sortir le dauphin de prison en lui substituant son fils idiot. Puis il s’enfuit avec lui et commence l’initiation du jeune homme qui, dès les premières planches, subi les dernières épreuves avant d’être initié puis admis dans la fraternité alchimique des Chevaliers d’Héliopolis, quelque part au nord de l’Espagne.

Dans sa prison du Temple, celui qui a pris la place de Louis XVII est assassiné par le journaliste Marat. Charlotte se venge…

A l’issue de son intronisation dans l’ordre des Chevaliers d’Héliopolis, Louis XVII se voit confier une épreuve : pour produire l’huile miraculeuse dont chaque goutte fait gagner mille ans, il doit récupérer la couronne d’or antique de son ancêtre Marie-Joséphine d’Autriche. Pour ça, il doit s’introduire auprès de Louis XVIII devenu roi de France. Alors pourra commencer l’Albedo, l’oeuvre au blanc, sa deuxième étape alchimique.

Mon résumé chronologique ne respecte pas la narration de Jodorowsky qui choisit de débuter ce premier tome des Chevaliers d’Héliopolis par la dernière cérémonie avant l’intronisation de Louis XVII dans la confrérie alchimique. Les allers-retours entre passé et présent rythment le récit et attisent la curiosité d’un lecteur qui ne voit pas sans quelques doutes revenir le sempiternel Louis XVII. L’enfant mort au Temple à l’âge de dix ans n’a jamais cessé d’alimenter sa légende et on pourrait frôler l’indigestion.

Mais le scénario marie avec assez d’intelligence faits historiques et légende pour fonder une uchronie cohérente même si délirante. Ce Louis XVII est bien sûr paré de tous les atouts et se sort de tous les combats. Il n’est en cela guère original mais on ne peut douter que Jodorowsky donnera un tour particulier à la vie de cet hermaphrodite royal. Un scénario plein de promesses rendu encore plus attrayant par le dessin précis et foisonnant de Jérémy. On aime se perdre dans les détails de ces planches qui nous immergent dans une époque.

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Les Chevaliers d’Héliopolis / 1 : Nigredo, l’oeuvre au noir, Alejandro Jodorowsky (scénario) et Jérémy (dessin), Glénat, 56 pages, 14,50€

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