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Le monde caché d’Axton House -Edgar Cantero

Le monde caché d'Axton HouseVoilà un drôle bouquin, vraiment original. Un peu foutraque aussi mais plaisir de lecture garanti si l’envie vous prend de sortir des sentiers battus. Jeune auteur espagnol écrivant ici en anglais, Edgar Cantero s’empare des codes du genre fantastique (ici autour de la maison hantée), de références à la fois littéraires et audiovisuelles, et nous secoue tout ça. Ça donne Le monde caché d’Axton House  : accrochez-vous, la séance commence !

Ça commence donc comme dans un roman ou un film qu’on aurait déjà vus : A. vient d’hériter de la fortune de son cousin germain au second degré. Il quitte donc son Angleterre pour la côte est des États-Unis où une branche de la famille a émigré longtemps auparavant. La maison est lugubre et pour bien faire, on la dit hantée. Le jeune A., vingt-trois ans, est accompagné de Niamh, adolescente punk et muette. Régulièrement, il écrit des lettres à sa tante Liza pour rendre compte de ce qu’ils font.

C’est bizarre quand même, cette fidélité à la vieille tata d’outre-Atlantique… Mais enfin, il va y avoir bien plus bizarre et pour tout dire, je ne crois pas avoir bien compris au final qui était cette tante Liza. Parce que l’intrigue se complique, et pas qu’un peu. Axton House n’est pas une « simple » maison hantée. Si A. voit effectivement des fantômes, ou des trucs bizarres, il est surtout assailli la nuit par des rêves terribles, parfois très violents. C’est d’autant plus inquiétant qu’il dort dans la chambre du précédent propriétaire qui s’est suicidé en sautant par la fenêtre de ladite chambre… exactement comme l’avait fait son père avant lui.

Atmosphère pesante à Axton House où les deux jeunes gens se livrent bientôt à un jeu de piste. A l’image du lecteur qui lui aussi recolle les bouts d’une intrigue qui se décline sur divers supports. La narration s’en trouve malmenée mais le plaisir décuplé. Fini le bon vieux récit traditionnel  : journal intime, lettres, codes secrets, comptes rendus de captations vidéo ou d’enregistrements audio, sans oublier le cahier de Niamh qui s’exprime par écrit. Bref, vous ne vous endormirez pas en lisant Le monde caché d’Axton House.

Des fausses pistes et des secrets, de pseudo-scientifiques cinglés, un jeu qui devient une addiction et des références en veux-tu en voilà à la pop culture dans le sillage de Lovecraft et de X Files. Un roman gothique moderne qui a du peps et de l’ambition, on en sort ravis.

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Le monde caché d’Axton House (The Supernatural Enhancements, 2014), Edgar Cantero traduit de l’anglais par Paul Benita, janvier 2016, 499 pages, 8,80€

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