Malicia – Leandro Ávalos Blacha


J’aime beaucoup l’humour de Leandro Ávalos Blacha. Il me fait rire avec des personnages et des situations qui n’ont a priori rien de drôles et qui pourraient même paraître extrêmement lourdingues. C’est le cas dans Malicia, son troisième roman publié en France grâce aux éditions Asphalte.

Juan Carlos et Perla viennent de se marier et passent leur lune de miel dans la station balnéaire de Carlos Paz. Déjà, la situation est à l’inverse de ce qu’on peut imaginer : zéro romantisme. Juan Carlos est le beauf dans toute sa splendeur, un vrai sale con qui insulte tout le monde, vitupère, se prend pour le centre du monde et traite sa femme comme une serpillère. Perla n’est personne, aucune envie, aucune passion et Carlos Paz est une horreur touristique avec casinos et bidoche qui bronze sur le bord de la piscine. Pour couronner le tout, Mauricio, « l’ami » de Juan Carlos, est du voyage. Il dort même dans la chambre de du couple, parce qu’on va quand même pas lui payer une chambre, hein…

Juan Carlos qui ne fait rien dans la vie est un fou de loto. A Carlos Paz, il continue à parier et joue aussi dans les casinos. Il fréquente les spectacles avec filles à poil et paillettes : le top de la vulgarité touristique. Et puis voilà que des starlettes participant à ces spectacles sont retrouvées assassinées. Un tueur masqué sévit qui étripe tout ça avec plaisir. Un soir, deux femmes et une fillette découvrent une victime salement éviscérée dans les toilettes d’un cabaret durant le spectacle. Elles en restent tétanisées pour un long moment. La petite Celina semble gravement perturbée tandis que Marta, medium sur le retour, prétend entendre la victime qui lui parle depuis l’au-delà.

Si, à ce stade, vous pensez « enquête » et « pouvoirs paranormaux » : vous êtes encore loin du sujet, très loin. Parce qu’il faut bien le dire, Malicia part dans tous les sens, pour finir dans un joyeux bordel, dans tous les sens du terme. Et parce que je sais bien que se trouvent parmi vous des amateurs de bonnes soeurs possédées : réjouissez-vous, elles sont de retour !

Leandro Ávalos Blacha flirte avec le cinéma d’horreur des années 70, le fantaterror espagnol qui pique aujourd’hui la plupart des yeux mais réjouit le fandom. Des viscères donc, des femmes peu vêtues, des bonnes soeurs et de la satire sociale, le tout sur un rythme échevelé et dans la bonne humeur. Bon sang, qu’est-ce que c’est drôle !

Leandro Ávalos Blacha sur Mes Imaginaires

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Malicia (Malicia, 2016) de Leandro Ávalos Blacha traduit de l’espagnol par Hélène Serrano, Asphalte, novembre 2016, 198 pages, 21 €

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