Adultes

Vostok – Laurent Kloetzer

vostokForce m’est de constater que je suis probablement encore passée à côté d’un roman de Laurent Kloetzer. Sur la foi de plusieurs chroniques laudatives et de bien des avis positifs, j’étais décidée cette fois à passer outre mon ennui et à ne serait-ce que comprendre ce qui enthousiasme de nombreux lecteurs dans les textes de cet écrivain. Malheureusement, en vain.

Il faut dire que Vostok, à l’instar de tous les romans fantastique se déroulant dans le grand froid, partait avec un handicap : Terreur de Dan Simmons. Ce livre-là est une merveille et est devenu l’étalon grâce auquel je mesure tous les autres romans du froid. La barre est haute.

La première partie du roman se déroule à Valparaiso. On y découvre Leo, jeune adolescente et son frère, à la tête d’un cartel. On y passe vraiment longtemps avant de partir pour l’Antarctique, d’autant plus longtemps qu’on sait qu’ils vont s’y rendre, alors à quoi bon tergiverser ?

Le malheur c’est qu’on peut anticiper bien des épisodes de Vostok : la tempête de neige, la lutte entre les membres de l’équipe, le départ sans cesse remis, le sabotage, les hallucinations, le froid très froid, les membres gelés…etc. Pas grand-chose d’étonnant de ce côté-là. Pour ce qui est de l’intrigue, comment croire que Juan investit des millions et des millions pour récupérer une bactérie au fond d’un lac souterrain afin d’en extraire un code qui lui donnera une clé informatique ? Comment croire que ses adversaires sont assez bêtes pour ne tout simplement pas fermer l’accès au réseau de la scientifique que Juan vient d’assassiner et dont il cherche le code ? De ce côté-ci non plus, ça ne tient pas la route.

C’est l’aspect scientifique qui se révèle le plus intéressant. Dans cette base de Vostok (qui existe bel et bien), la scientifique soviétique Veronika Noguera a effectué quarante ans auparavant des recherches sur le climat et abouti à la découverte d’une nouvelle bactérie. Le récit des aventures de Leo et de son frère Juan est entetrecoupé d’extraits du journal de Veronika qui fournit de nombreuses précisions à qui en souhaite sur ces recherches, trop nombreuses à mon goût.

Je n’ai été sensible ni au huis-clos, ni aux interactions entre les personnages. Je n’ai rien lu d’original dans ce roman, ni de vraiment inquiétant. Sur le même thème, j’ai préféré Point zéro d’Antoine Traqui, autrement plus palpitant.

Laurent Kloetzer sur Mes Imaginaires

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Vostok, Laurent Kloetzer, Denoël (Lunes d’encre), mars 2016, 421 pages, 21,50€

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

6 Comments

  • lutin82

    Ah. Ce devais être une de mes prochaines lectures… Comme toi, avec tant d’avis positifs, mon curseur espoir/envie de lire était pointait assez haut… Là, c’est une petite douche de glace. Du coup, le désir de lecture indique un encelectogramme plus plat.

    • Sandrine Brugot Maillard

      Il a eu par ailleurs des critiques plutôt positives et même suscité l’enthousiasme de certains : je m’en voudrais de te faire passer à côté d’un bon livre juste parce que je n’ai pas su voir ses qualités…

  • Acr0

    C’est vrai qu’on peut très vite déduire beaucoup d’actions du déroulé de l’histoire. L’ambiance est ce que j’ai préférée et je suis bon public aussi sur l’aspect scientifique.

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