L’éveil stade 1 – Jean-Baptiste de Panafieu


l'éveil stade 1Sur le modèle « savante folle », Laura la jeune chercheuse, invente un assemblage de gènes pour stimuler le cerveau d’A27, sa souris de laboratoire. Et voilà que la bestiole se sauve, s’en va gambader dans le jardin (un vrai moulin ce labo…). Elle finit dans l’estomac de plusieurs animaux qui peu après s’éveillent. Autant dire qu’ils deviennent beaucoup plus intelligents qu’ils n’étaient. L’éveil stade 1 raconte en détails la propagation du virus inventé par Laura, et les premières conséquences de cette épizootie.

Si l’idée de départ est bonne, la mise en forme romanesque n’est pas convaincante.

On voit aujourd’hui se multiplier sites, livres, associations et appels pour que les humains prennent conscience de la condition animale. Le véganisme marque des points chaque jour. Autant dire que L’éveil stade 1 est un roman dans l’air du temps. Et c’est une bonne chose car on n’agira jamais assez pour que nous ouvrions les yeux sur des abus qui sont tellement ancrés dans notre mode de vie qu’on ne les discutent pas.

Nous suivons dans ce roman une bande d’adolescents qui viennent de passer le bac et qui se rendent compte du changement de comportement de leurs animaux de compagnie : Chou-K le chat et Cabosse la chienne se mettent à parler. Idem pour Montaigne le perroquet gris capable de tenir de vraies conversations. Les animaux domestiques ne sont pas les seuls à s’éveiller : contaminés, rats et corneilles font de même et s’organisent. Mais attention, Paul Jervson ne l’entend pas de cette oreille. C’est le méchant de l’histoire. On le reconnaît parce qu’il est président d’une multinationale agro-alimentaire. Il ne veut pas que les animaux s’éveillent car il pressent que ce sera mauvais pour le commerce : qui voudrait manger des animaux intelligents ? Ou plus intelligents qu’ils ne le sont déjà et qui pourraient revendiquer des droits ?

Ce premier volume d’une trilogie est répétitif. A de nombreuses reprises, Jean-Baptiste de Panafieu met en scène l’éveil d’un animal  : corneille, perroquet, louve… veaux, vaches, cochons, bref, c’est toujours pareil et n’apporte rien.
Les animaux se réunissent pour débattre de leur nouvelle condition et des dissensions apparaissent, des particularismes se développent, certains cherchant à ramener la couverture à eux, à défendre leurs intérêts propres, comme les humains finalement. Charles la corneille qui a grandi abreuvé de cours sur le totalitarisme monte une armée et entend faire régner l’ordre sur le parc. Son ordre. Les éléphants ont réclamé un poste de télé et compris que quelque part existait une terre plus conforme à leur nature : les voilà partis pour le sud.

Oui ami lecteur, quand les animaux s’éveillent, il te faut suspendre ton incrédulité…

Car tout ça est un chouïa incohérent. Ces jeunes gens vivent quasi sans parents, on ne voit guère d’adultes si ce n’est Jervson et ses méchants sbires à lunettes noires et 4 x 4. D’ailleurs, ce Jervson veut absolument mettre la main sur Laura, la chercheuse qui a inventé le virus pour lui faire mettre au point un contre-virus : cette jeune femme, si peu avisée qu’elle a créé un virus incontrôlable, est-elle la seule solution envisagée par le patron d’une multinationale alimentaire ? Allons bon… Et j’aimerais bien savoir où se trouve dans le sud de la France l’endroit que l’on atteint en voiture et qui se trouve pourtant à quatre heures à dos d’éléphant de tout lieu habité…

Si l’intention est louable, le traitement m’a semblé bien maladroit. Beaucoup d’incohérences (comment un troupeau d’éléphants traverse-t-il la France du nord au sud comme ça, en se planquant dans des granges ??) et une intrigue malheureusement peu crédible desservent un propos par ailleurs intéressant : qu’adviendrait-il si les animaux pouvaient organiser leurs pensées, s’exprimer et revendiquer des droits ? Jean-Baptiste de Panafieu ne tombe d’ailleurs pas dans la facilité de faire de tous ces animaux des personnages positifs face aux méchants humains : certains animaux affichent clairement l’intention de se venger de siècles de mauvais traitements. On ne saurait leur en vouloir…

Ami lecteur je te rappelle que si tu ne l’as pas encore fait, c’est Défaite des maîtres et possesseurs de Vincent Message que tu dois lire sur le sujet (la condition animale) : le livre de l’année, que dis-je, de la décenie, qui a transformé ma vie au quotidien.

.

L’éveil stade 1, Jean-Baptiste de Panafieu, Gulf Stream, septembre 2016, 268 pages, 16,50€

.
.

Pour recevoir un mail à chaque nouvel article publié :

.

Que ceux qui n’ont pas lu le premier tome d’Aeternia ne lisent pas cette chronique, ou ne viennent pas se plaindre : il se terminait sur un renversement inattendu de situation que L’envers du monde, second tome confirme : Leth Marek est mort assassiné. Exit donc ce héros qu’on croyait invincible, place…
Nous sommes à Bruxelles après les ravages causés par une troisième vague de virus Ebola. On n'est pas loin de l'anarchie et pour survivre, Roxanne trafique des médicaments, des faux et des vrais et n'envisage guère l'avenir si ce n'est de façon funeste. Mais voilà qu'un avocat la contacte pour…

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

4 commentaires sur “L’éveil stade 1 – Jean-Baptiste de Panafieu