L’envers du monde – Gabriel Katz


L'envers du monde - Gabriel KatzQue ceux qui n’ont pas lu le premier tome d’Aeternia ne lisent pas cette chronique, ou ne viennent pas se plaindre : il se terminait sur un renversement inattendu de situation que L’envers du monde, second tome confirme : Leth Marek est mort assassiné. Exit donc ce héros qu’on croyait invincible, place à Desmeon qu’on espère plus de taille à lutter contre…

Contre qui au fait ? Desmeon est désormais le champion d’Ochin, il doit affronter en combat singulier celui de Kyrenia. La victoire du Danseur laisserait aux adeptes du Prophète la possibilité de vivre libres sur les terres du baron de Ridan. Malgré les manipulations d’Annoa, Desmeon l’emporte. Et le lecteur mesure la complexité de cette histoire qui peu à peu révèle la perversité des personnages.

Desmeon découvre qu’Annoa fait égorger ses adeptes dans un lieu sinistre et conserve leur sang dans des jarres, que le Danseur s’applique à détruire après sa découverte. Que manigance l’intendant, qu’est-ce vraiment que le culte d’Ochin ? Desmeon s’en moque et s’apprête à quitter la région en compagnie de Synden, jeune prostituée recherchée par les Kyréniens. Mais ils sont jetés en prison avant de parvenir à s’enfuir.

Pendant ce temps, les partisans d’Ochin marchent sur Kyrenia et bientôt la ville du savoir et de la connaissance est livrée au pillage. On s’entretue, on s’étripe, chacun tente de sauver sa peau. Varian le parvenu se trouve une nouvelle fois en première ligne.

Si le lecteur avait pu apprécier l’humour de Desmeon dans le premier volume, il en prend toute la mesure dans L’envers du monde. C’est un cynique à la répartie acérée qui ne semble éprouver de sentiments que pour le chien de Leth Marrek dont il a hérité. Il n’aime personne et vanne tout le monde, le sexe et le combat étant ses seuls moteurs. C’est original et agréable un personnage aussi dénué d’affection. Et aussi méchamment drôle.

Si le lecteur a pressenti dès le tome un que le culte d’Ochin n’était pas aussi pur et innocent qu’annoncé, il comprend ici l’ampleur de la manipulation et l’absence totale de scrupules d’Annoa et du Prophète. La mort de centaines d’innocents n’est rien à leurs yeux tant que la nouvelle religion leur apporte le pouvoir. Mais la critique ne va pas qu’aux seuls dirigeants du culte : elle s’adresse aussi à tous ces fidèles fanatisés prêts à croire n’importe quel gourou un peu charismatique. La religion manipule mais elle n’abêtit pas : les populations préfèrent courber l’échine et servir plutôt que de chercher à comprendre et vivre par eux-mêmes.

Au final, Aeternia se révèle une réussite : l’intrigue est prenante, les personnages originaux et souvent inattendus (plein de ressources en tout cas) et le thème central se révèle bien moins superficiel que dans nombre de romans de fantasy. Gabriel Katz ne cède pas à la facilité avec pour sujet le fanatisme religieux et la manipulation, et ça fait un bien fou de lire de la fantasy française ambitieuse.

Gabriel Katz sur Mes Imaginaires

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Aeternia – 2 : L’envers du monde, Gabriel Katz, Scrinéo, août 2015, 389 pages, 20€

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