Le fou prend le roi – Fabien Cerutti


Le fou prend le roiAttention, le bâtard de Kosigan est de retour ! Toujours battant, toujours plein de ressources, surtout quand il s’agit de se fourrer dans des situations à risque. Il semble même que sa mission cette fois soit encore plus périlleuse que dans L’Ombre du pouvoir. Le voilà missionné par le roi d’Angleterre Edward III et son connétable pour aller voir ce qui se trame à la cour de France : on dit qu’ils sont à l’origine d’un complot pour tuer le roi de France Philippe VI. Or il n’en est rien. Qui donc fait courir ces bruits et pourquoi, c’est ce que devra découvrir Pierre Cordwain de Kosigan.

Il furète du côté de Quiéret, connétable de France, ami dévoué du roi qui doit une fière chandelle au bâtard qui lui ramène sa fille, Adelys. Bientôt, Jean le fils du roi est assassiné et Philippe VI lui-même charge Kosigan de faire toute la lumière sur ce meurtre, quelles qu’en soient les conséquences. Ce qu’il va découvrir, c’est une trahison de très grande ampleur qui déstabilisera les deux pays ennemis. Mais qui donc a intérêt à la perte conjointe des deux royaumes les plus puissants d’Europe ? Il n’y a guère que l’Eglise qui soit plus puissante que les rois, l’Eglise et son Inquisition qui sont quasiment venues à bout des anciennes croyances.

Les « Grandes Taillades » ordonnées par les petits-fils de Charlemagne pour assainir les terres sauvages ont vu s’éteindre définitivement les guivres et les manticores de la région, il y a plus de trois siècles de cela. Quant aux deux derniers dragons des méandres du Nord, ni leur ruse ni leurs souffles dévastateurs ne leur ont permis d’échapper à la traque impitoyable lancée par Gui de Flandre aux heures sombres des Croisades noires. Avec leur mort, les tours ont perdu toute utilité.
Et depuis, un peu partout en Occident, leurs congénères ont pratiquement tous rendu l’âme.

Pour les protagonistes du second fil narratif du roman, ceux de 1899, il est bien évident qu’en 1340, à l’époque du bâtard, ces créatures n’existaient que dans les livres enluminés dont d’ailleurs elles n’étaient jamais vraiment sorties. Des rationnels les amis de Kergaël de Kosigan, comme nous. Le tome précédent se terminait sur un terrible suspens quant au sort de ce dernier, victime d’un éboulement. Parti sur les traces de ses ancêtre, celles du bâtard en particulier, ses recherches le mènent en des lieux a priori abandonnés qui recèlent cependant bien des secrets. Secrets qui doivent le rester et qui valent à Kergaël un coma prolongé. Ses amis poursuivent pour lui ses recherches. Et découvrent dans des écrits inédits un XIVe siècle bien différent de celui que l’on connaît. Peuplé de créatures mythiques : guivres, manticores et dragons…

Si la mission de départ du bâtard de Kosigan est simple, elle l’entraîne dans des complots très complexes. Un grand manipulateur s’immisce jusque dans l’esprit des différents protagonistes et même un vieux renard comme Kosigan a du mal à juger de la sincérité de chacun. Heureusement que l’Inquisition a des moyens bien à elle pour faire parler les ennemis supposés de l’Église, comme le Bâtard qui, bien, qu’il se régénère très rapidement n’en souffre pas moins sous la torture infligée par l’inquisiteur.

Cette seconde mission m’a semblé encore plus complexe que la première. Heureusement, l’éditeur a introduit un glossaire des personnages en fin de volume, glossaire qui aurait d’ailleurs pu en contenir d’autres, vu que Fabien Cerutti continue à tordre à son gré l’Histoire de France. On aurait aimé un portrait des personnages officiels, même s’ils ne sont officiels que dans cette série.
Aurait été également bienvenu, un résumé ou rappel de la situation du XIXe siècle : il m’a fallu relire un bon nombre de pages du tome précédent pour faire le lien avec cette suite immédiate.

On comprendra bien sûr que ces remarques sont liées à mon grand âge et au foisonnement de ce second tome qui pousse plus loin encore les audaces historiques. Les prémices de la Guerre de Cent Ans prennent des directions étonnantes. La survivance d’un monde et de croyances anciens nourris au sein de la fille aînée de l’Église s’affirme, dessinant des enjeux politiques de grande envergure. Notre héros en apprend également plus sur lui-même et ses origines de sang noir, c’est-à-dire de sang mêlé, traqué par l’Eglise.

On se demande bien comment, Fabrice Cerutti va faire la jonction entre ce XIVe siècle encore peuplé de créatures mythiques qui n’ont laissé aucune trace dans l’Histoire, comme nous le savons et comme le savent les amis de Kergaël. Comment toutes traces ont-elles disparu des livres, des actes et documents officiels ? Et les lettres d’Isabelle de France au connétable, que sont-elles devenues ? J’espère bien qu’on en saura plus au prochain épisode…

Fabien Cerutti sur Mes imaginaires

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Le Bâtard de Kosigan – 2 : le fou prend le roi, Fabien Cerutti, Mnémos, avril 2015, 421 pages, 21€

 

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