Plus de morts que de vivants – Guillaume Guéraud


Plus de morts que de vivantsVous prendrez bien une petite frayeur ? Une grosse même, une vraie grosse frayeur, ça vous tente bien sûr… Ceci dit, se débarrasser de 647 collégiens en une journée, ça peut relever du rêve pour certains profs en bout de course… allez, c’est parti pour un petit détour par Marseille.

Au collège Rosa Parks en ce jour de février, tout va comme d’habitude : les élèves ont froid, sont en retard, se saluent ou s’insultent, c’est selon. Nino regarde Cess, Matt envoie des sms à Charlotte clouée au lit par la gastro… bref, le quotidien. On remarque à peine qu’Untel se gratte frénétiquement et qu’Untelle perd une poignée de cheveux. Va pourtant bien falloir s’en rendre compte car le phénomène va se généraliser très très rapidement.

Du sang qui gicle, des crânes qui s’ouvrent, des viscères qui se déversent dans la cour : Guillaume Guéraud invente mille et une façons de salement mourir du virus foudroyant bientôt baptisé ISOLA. Les gosses eux l’appellent la foudre vu qu’il cloue ses victimes qui en un dernier tour de danse soubresautent et s’écroulent.

On a lu et vu de nombreuses histoires d’infectés. En littérature jeunesse, on a pu lire l’an passé Zombie Ball de Paolo Bacigalupi et dernièrement, Cootis nous a régalés au cinéma d’une comédie zombiesque en école primaire. Le ton est largement à la rigolade gore. Mais Plus de morts que de vivants ne donne jamais dans le comique ni d’ailleurs dans le zombie. Ça reste dramatique du début à la fin, on espère que tel petit morveux va s’en sortir pour telle ou telle raison mais non, il meurt aussi…

Parce que c’est ça, c’est l’omniprésente de la mort et son aveuglement qu’écrit ici Guillaume Guéraud. On a beau être jeune, amoureux, sympa ou même enceinte : la mort frappe quand elle veut et qui elle veut.

La construction choisie est efficace : description des faits la plupart du temps, mais aussi échanges de mails entre les médecins à l’intérieur du collège et les chercheurs à l’extérieur, flash info, mesures gouvernementales. A l’évidence, l’auteur a un don pour faire s’exprimer des élèves, on s’y croirait et donc heureusement que le livre ne compte que 250 pages. D’autant que plus que comme dans tout bon film gore, le plaisir de la répétition n’est bon que s’il est court et efficace.

L’avantage avec Guillaume Guéraud c’est qu’il a tellement de lecteurs enthousiastes (je parle d’adultes) qu’ils liront sans barguigner ces pages ultra gore alors qu’ils n’ouvriront jamais le moindre livre de zombies, aussi intelligent soit-il.

 

Guillaume Guéraud sur Mes Imaginaires

Plus de morts que de vivants, Guillaume Guéraud, Le Rouergue (DoAdo Noir), mars 2015, 251 pages, 13,70€

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