Le grand n’importe quoi – J.M. Erre


Le grand n'importe quoiVous l’ignorez certainement, mais il existe un village en France pour la science-fiction : Gourdiflot-le-Bombé. Il s’y trouve un nombre impressionnant de lecteurs, d’amateurs et même d’écrivains qui non seulement lisent et apprécient le genre mais aussi le font vivre et évoluer… certes, vers le grand n’importe quoi mais enfin, c’est déjà ça, non ?

En ce samedi 7 juin 2042, de nombreuses personnes convergent vers Gourdiflot-le-Bombé. C’est que Patrick le culturiste y donne une soirée costumée que même la capitale ne saurait ignorer. Ou au moins Arthur et Framboise, surtout Framboise d’ailleurs qui a bien l’intention de poursuivre son apprentissage en vue de perdre sa culotte… de cheval. Et plus, beaucoup plus puisqu’affinités. La soirée se passe mal pour Arthur déguisé en Spiderman, qui déteste les Patrick et profite de la soirée pour vomir sur sa fiancée. Il est viré, puis poursuivi par les furieux culturistes…

Il me serait vraiment difficile de vous expliquer pourquoi sans paraphraser le style décapant de J.M. Erre. C’est qu’Arthur va revivre plusieurs fois ce moment fatal, ce 20 h 42 qui semble le faire basculer dans divers possibles : poursuivi par des culturistes, des gendarmes, la bonne du curé… autant d’aventures rocambolesques qui donnent un ton résolument loufoque à la SF. D’ailleurs, J.M. Erre multiplie les hommages et références, n’hésitant pas à faire intervenir le père Cadick armé de sa carabine ou le jeune Philippe-José, surdoué du village. C’est au Dernier Bistrot avant la fin du monde qu’on médite sur le sens de la vie et qu’on croise Lucas, auteur de roman de science-fiction, ex petit ami de Claire (soeur de Philippe-José), elle même bientôt conquise par Arthur, j’espère que vous suivez.

Et si je vous dis que Le grand n’importe quoi s’ouvre sur le suicide d’Alain Delon, vous comprendrez que le roman n’a pas volé son titre.

Fidèle à son humour, J.M. Erre multiplie les jeux de mots, chevauchant l’absurde en toute sérénité. Pas un paragraphe sans un bon mot, une cocasserie ou une incongruité grammaticale (« Un lourd silence s’installa dans le bar car il restait un peu de place« ) qui font sourire voire rire aux éclats. C’est drôle tout le temps, donc aussi un peu épuisant. A aucun moment il ne relâche la pression humoristique : lire J.M. Erre, c’est courir le marathon de la rigolade, vous êtes prévenus.

Un avant-goût :

Alors qu’à la télé un mannequin anorexique se tartinait les os de crème anticellulite en souriant comme si elle avait vu une biscotte, la question qui taraudait Philippe-José depuis qu’il était tout petit s’invita dans son esprit.

Pour insuffler un peu de logique romanesque dans le grand n’importe quoi, J.M. Erre trouve un argument littéraire efficace dont je ne dévoilerai rien. Sachez qu’il justifie les multiples recommencements et donc, les vies parallèles et même la Littérature : chapeau !

Cette lecture-ci fut au final plus agréable que la précédente, Prenez soin du chien, il y a quelques années.

A noter : J.M. Erre est le frère de Fabrice Erre, tout aussi barré…

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Le grand n’importe quoi, J.M. Erre, Buchet Chastel, février 2016, 293 pages, 19€

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