Le roi des fauves – Aurélie Wellenstein


Le roi des fauvesPlutôt que de mourir de faim, Kaya, Oswald et Ivar bravent les interdits et partent braconner sur les terres du Jarl. Ils risquent gros, sans savoir réellement quoi. Ce qu’ils savent très bien, c’est que la forêt est infestée de berserkirs, ces créatures animales créées à partir d’humains. Dotés d’une force extraordinaire, ils sont tant bien que mal contrôlés par des gri-gri qui les empêchent de s’en prendre à leurs maîtres.

Les trois amis affamés tuent un lapin, mais leur route croise alors celle d’un berserkir, un homme-mammouth et de son maître, seigneur du lieu. Qui veut se payer sur la jeune Kaya. S’engage alors une lutte à l’issue de laquelle seigneur et berserkir basculent dans un précipice. Les trois jeunes gens rejoignent leur misérable village mais sont bientôt arrêtés et jugés. Le verdict joué d’avance les condamne à devenir berserkirs eux aussi par l’ingestion d’un lehrling, parasite qui devient actif en une semaine. Semaine durant laquelle ils vont errer dans le Hadarfell à la recherche du roi des fauves qui peut-être pourra les aider…

Pour son premier roman chez Scrinéo, Aurélie Wellenstein crée un univers original et violent. Elle reprend la légendaire figure du berserker qu’elle utilise pour travailler le thème de la mutation : la mutation de l’homme en animal, de l’adolescent en adulte. Les trois jeunes gens vont en effet devoir accepter les transformations subies par leur corps et découvrir un nouvel univers.

Le roi des fauves tourne beaucoup autour du thème de la confiance. Confiance en soi (est-on capable de faire telle ou telle chose ou s’en croit-on capable ?) et confiance en autrui (faut-il écouter le roi des fauves et ses promesse ? faut-il se reposer sur un ami ?). Précipités dans un monde inconnu, Kaya, Oswald et Ivar ignorent comment s’y comporter et même s’il vaut la peine de lutter contre les multiples dangers qu’ils affrontent. Ne serait-il pas plus simple de renoncer (de perdre confiance en soi) ?

Le renoncement pourtant présente ici deux visages : renoncer à la lutte peut aussi signifier accepter les nouvelles contraintes de façon à les assumer et vivre pleinement sa nouvelle condition. Humanité versus animalité ? Humanité via animalité ? Le mythe du berserker se prête à l’évidence au sujet.

Les trois jeunes héros sont donc au coeur de ce roman d’initiation. Certains dialogues sont très modernes et le gentil Ivar, personnage principal, épuise le lecteur à force d’être désolé et de se justifier toutes les deux pages. Sa lutte et son destin cependant retiennent l’attention. De même que la terrible noirceur qui imprègne le roman de bout en bout.

Le site d’Aurélie Wellenstein

 

Le roi des fauves, Aurélie Wellenstein, Scrinéo, mai 2015, 283 pages, 16,90€

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