La France steampunk – Barillier et Morgan


Ceux qui ne connaissent pas le steampunk et ne souhaitent pas le découvrir à travers un essai, aussi plaisant soit-il, auront tout avantage à se plonger dans La France steampunk. Ils y trouveront à la fois l’esprit et l’esthétique du genre grâce à un texte écrit à quatre mains par Etienne Barillier et Arthur Morgan et des photographies de Nicolas Meunier. Le tout présenté dans une édition de très soignée, grand format (24 x 30).

Je ne suis pas moi-même vaporiste mais me plais à regarder ce que les amateurs peuvent créer. Car le steampunk, c’est une esthétique, une esthétique qui reflète une époque. On a l’habitude de l’assimiler à l’Angleterre victorienne mais comme le titre de l’ouvrage l’indique, c’est de la France dont il s’agit ici. Ce qui à mes yeux de païenne ne change pas grand-chose : elles sont là et bien là les bottines à boutons et les robes à lacets interminables. Il y a aussi des aéronefs, des mauvais garçons, des savants fous et des espions de la Couronne.

 La Grande Machine 001

Et la Commune. Épisode sanglant assez méconnu aujourd’hui, puisqu’on s’est arrangé pour qu’il soit oublié. Aux oublieux le choix de consulter quelques pages Wikipédia pour se rafraichir la mémoire ou de s’en tenir à l’introduction uchronique proposée par les auteurs : grâce à la Grande Machine, Napoléon est sorti vainqueur de Waterloo en 1815. Il a dominé l’Europe avant de passer la main à son fils Napoléon II, dit l’Aiglon qui s’est endormi sur l’héritage glorieux de son père. Le seul nom de ce redoutable instrument de mort fait trembler l’Europe. Sauf qu’on se demande bien pourquoi l’Aiglon ne s’en sert pas à nouveau dans la guerre contre la Prusse, et pourquoi pas contre les Communards ?

Couverture france steampunk

C’est que la Grande Machine n’a tiré qu’un seul coup et un seul : depuis, plus personne ne sait s’en servir…

Nous lisons les carnets d’André de Favard, fils d’un émigré français né en Grande-Bretagne. En 1871, il accompagne dans sa mission un certain Edward Parrow, agent secret chargé de retrouver le professeur Payen, inventeur de la Grande Machine. Payen et ses documents secrets bien sûr, qui permettraient à la Couronne de mettre la main sur cette arme inestimable. Et de comprendre les secrets de la pandésite…

Voilà donc que les deux compères accostent en France pour se rendre à Paris. Leur voyage ne sera pas de tout repos et les conduira de Paris en Bretagne, puis à Lille, Lyon, Toulouse et Marseille. Comme si les auteurs avaient vraiment envie de leur faire faire un petit tour de France.

Un tour de la France steampunk et de ses amateurs qui posent dans leurs plus belles tenues pour cet ouvrage. Les costumes sont superbes, peut-être un peu trop propres pour ce que les personnages sont censés faire mais terriblement évocateurs. Les très nombreuses photos (une par double page) nous permettent également d’admirer les objets les plus surprenants, notamment des armes. Et des femmes étonnantes.

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Et des soldats prussiens inattendus.

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Pour ces illustrations 100% steampunk il fallait un texte qui reflète aussi l’époque. C’est donc à un feuilleton rocambolesque que nous convient Etienne Barillier et Arthur Morgan. Si aux costumes il ne manque aucun bouton, au récit aucun cliché ne fait défaut : aventures, rebondissements, ennemis coriaces, idéalistes au grand coeur, tout ça sur fond d’Histoire et de romance puisque le narrateur, André de Favard (incarné par Etienne Barillier sur les photos) est tombé amoureux de Louise Michel. Il y a donc là tout ce qui fait aujourd’hui le sel de l’époque : l’élan révolutionnaire, la solidarité des insurgés et la pureté de leurs idéaux.

Sur le rythme trépidant du feuilleton, La France steampunk est un voyage dans le temps, un temps mythique et littéraire qui permet à l’imagination de se déployer et à de talentueux vaporistes d’exposer leur savoir-faire. Les photos de Nicolas Meunier, aussi sombres que lumineuses, leur sont une superbe vitrine.

Etienne Barillier sur Mes Imaginaires

 

La France steampunk, Etienne Barillier, Arthur Morgan et Nicolas Meunier, Mnémos (Ourobores), septembre 2015, 142 (grandes) pages, 36€

 

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4 commentaires sur “La France steampunk – Barillier et Morgan