Les copies – Jesper Wung Sung


Les copiesQu’est-ce que Jonas est content de lui ! Quelle super journée ! Trois occasions, trois buts et le sourire de Maria en plus : pas de doute, c’est parfait. Manquerait plus que ses parents lui offrent un chien ! Ça se pourrait bien d’ailleurs car ils sont tout bizarres, ils ferment portes et fenêtres pour l’empêcher d’entrer : sûr qu’ils lui concoctent une bonne surprise…

Sauf que non. Si les parents de Jonas ont tout fermé, c’est pour se barricader, pour l’empêcher d’entrer. Ils ne veulent plus de lui, terminé, il a fait son temps. Ce que Jonas ne comprend pas, c’est pourquoi un garçon qui lui est en tout point semblable se trouve lui à l’intérieur de la maison. Pas le temps de réfléchir cependant parce qu’arrivent des types qui à l’évidence cherchent à s’emparer de lui et à le faire monter dans un camion. Pour Jonas, c’est sauve qui peut !

Il se réfugie dans la forêt où il rencontre Ian, en fuite comme lui, puis Ronnie, un peu dingo. Ils font route ensemble, se cachent ensemble. Ils doivent fuir les Libérateurs de Copies qui cherchent les jeunes comme eux, créés pour remplacer des enfants cryogénisés le temps d’une épidémie. Ces originaux sont désormais hors de danger et donc de retour : on peut se débarrasser des copies qui pendant des années ont tenu leurs places.

Jonas, Ian et Ronnie sont donc les copies obligées de fuir pour échapper au rebut et à l’oubli. On ne saura rien des autres : parents, enfants sortis de cryogénisation, Libérateurs, gouvernants. Le point de vue est celui de Jonas, que l’on plaint bien entendu, mais il aurait été intéressant d’en savoir plus sur la société qui permet cette chasse, sur les parents qui laissent partir un enfant qu’ils ont élevé pendant plusieurs années, sur l’état des enfants après tant d’années d’inconscience.

L’absence totale de contexte permet de se focaliser sur les victimes, mais pas d’envisager la situation dans son ensemble. Alors qu’il est question des limites de l’humanité, ou de l’humanisation, il y a paradoxalement très peu d’échanges humains entre les protagonistes. Tout reste donc assez froid et superficiel, ce qui est dommage car le style est très vivant et la voix de Jonas réaliste.

 

Les copies (Kopierne, 2013), Jesper Wung-Sung traduit du danois par Jean-Baptiste Coursaud, Le Rouergue (Epik), 191 pages, novembre 2015, 11,70€

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