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Dernier meurtre avant la fin du monde – Ben H. Winters

Dernier meurtre avant la fin du mondeEh bien voilà, on sait maintenant comment tout ça va finir : un grand boum et puis plus rien. Et c’est bien du ciel que viendra la fin, sous la forme d’un gros gros gros caillou, prénommé Maïa. C’est pour dans six mois. Que faire en attendant la fin du monde ? Beaucoup devancent l’appel et se suicident, d’autres mettent les bouts pour réaliser leurs rêves, autant que faire se peut. Henry Palace, de la PJ de Concord brigade criminelle, choisit de ne rien changer : enquêteur il est, enquêteur il sera jusqu’au bout.

Tout pourtant sent le suicide. Retrouvé pendu dans les toilettes d’un Mac Do, Peter Zell l’assureur a dû lui aussi craquer. On retrouve même chez lui une documentation impressionnante sur Maïa, son histoire, sa trajectoire, les calculs liés à la date et au lieu d’impact. Mais Palace ne voit pas les choses comme ça : il renifle le meurtre et décide de chercher plus loin, malgré un rapport d’autopsie qui infirme ses soupçons. Et puis bon, ça n’est pas comme s’il avait beaucoup à faire…

Autour de Palace petit à petit tout fout le camp : quand il n’y a plus de lendemains ni d’avenir, il n’y a plus de société non plus. Rien de plus mortifère que de connaître le jour de sa mort. Dès lors pourquoi continuer, obéir ou professer des idéaux ? On peut, sans crainte de moisir en prison, se livrer aux excès, aux passions. Sans plus de lois, l’homme livré à lui-même se dévoile. Ou se laisse aller à commettre ce qui est interdit.

Plus que l’enquête elle-même, ce sont donc les personnages qui importent dans ce Dernier meurtre avant la fin du monde. Dommage donc qu’ils ne nous parviennent qu’à travers celui assez terne de Palace qui passe son temps à culpabiliser. On aimerait que son regard s’ouvre plus largement sur cette société en déréliction, sur la ville quasi laissée à elle-même.

Elle s’entrevoit cette ville, à travers ceux qui la font encore survivre en maintenant ouverts des restaurants, des bibliothèques, en soignant les autres, en faisant des enfants… Parce qu’avant la mort, il y a et il y aura toujours la vie et qu’il faut en profiter.

L’affaire Zell étant réglée, semble-t-il, à la fin de ce premier tome, pas sûre d’embarquer pour les suivants (pour la Lune ?).

 

Dernier meurtre avant la fin du monde (The Last Policeman, 2012), Ben H. Winters traduit de l’anglais (américain) par Valérie Le Plouhinec, février 2015, 344 pages, 18€

 

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