Il – Loïc Le Borgne


Il de Loïc Le BorgneA Templeuve, petite bourgade de l’ouest de la France, tout se passe comme partout ailleurs : il y a des petits c* qui jouent les caïds et les gros c* qui frappent femmes et enfants. Leurs points communs : la violence et la bêtise. Manque de bol pour Elouan, c’est à Templeuve que ses parent l’envoient pendant qu’ils partent aux États-Unis pour l’été. Heureusement pour lui, sa cousine Romane est un peu moins bas du front que la bande de petits c*. Normal, c’est une fille…

Dans cette campagne, Elouan fait tout de suite tache : trop blond, yeux trop bleus, quelque chose de dérangeant dans l’attitude. Et il faut bien se rendre à l’évidence, cet adolescent n’est pas tout à fait comme les autres. Il va se découvrir peu à peu des capacités inhabituelles, tout à fait hors du commun : il se met à lire dans les pensées d’autrui et bientôt, à déplacer des objets. Puis à communiquer avec une entité indéfinie.

Il plane un peu Elouan, tandis que la bande de Valentin cherche à terroriser Baptiste, un copain de Romane, juste assez gros pour faire une victime facile. Plus inquiétant, il ne voit pas non plus qu’on commence à jaser dans le village, car c’est dans le monde entier qu’on signale la présence d’adolescents doués de pouvoirs particuliers. Déjà, on les appelle des mutants. Et on a peur, parce que tout ce qu’on méconnait fait peur. Parce qu’on dit dans les médias que ces mutants vont supplanter les hommes, les dominer, les asservir peut-être bien. Bref, on fantasme et l’inquiétude monte à Templeuve…

Loïc Le Borgne quitte les rives du fantastique qui lui conviennent si bien pour nous proposer une anticipation provinciale à court terme. Il s’intéresse à l’émergence d’une nouvelle sorte d’humains, appelée à remplacer l’homo sapiens sapiens en bout de course. Qui sait si le Neandertal a eu jadis conscience de son éviction ? L’homme moderne lui comprend bien que les mutants annoncent sa fin et entend défendre chèrement sa peau. Il montre donc du doigt, accuse, persécute et condamne ces humains différents sans l’être tout à fait. La différence n’est plus dans la couleur de peau ou la religion, mais dans des capacités inhabituelles qui font peur.

Il de Loïc Le Borgne propose une réflexion sur l’avenir de l’humanité et sur nos capacités à accepter l’autre, celui qui est différent. L’auteur n’aborde pas le sujet par le biais du transhumanisme si à la mode, mais à travers une mutation assez soudaine, rendue nécessaire par le contexte social et environnemental. La réflexion est donc riche, même si l’Océan spirituel des mutants me laisse assez dubitative.

Loïc Le Borgne sur Mes Imaginaires

 

Il, Loïc Le Borgne, Syros (Soon), juin 2015, 259 pages, 15,90€

 

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