Jeunesse

Adèle et les noces de la Reine Margot – Silène Edgar

Adèle et les noces de la reine MargotAdèle, quatorze ans, est élève au collège à Saint-Nazaire. Dans sa vie, il y a ses parents, assez distants, sa copine Juliette, Guillaume son copain dont Juliette se moque désormais, et bientôt les vacances de Toussaint. Et surtout, il n’y a plus sa grand-mère, morte peu avant. C’était elle qui fournissait Adèle en amour et attention, ses parents étant bien trop occupés pour ça. La vieille dame morte, Adèle n’a plus qu’à s’ennuyer avec La Reine Margot que le prof de français a demandé de lire. Un cauchemar pour Adèle qui ne lit pas !

La jeune fille va se prendre au jeu de la lecture, après quelques difficultés. Elle se rend compte que les princes et princesses de la cour de Charles IX sont jeunes, qu’ils aiment s’amuser, danser, manger, être ensemble. Alors qu’elle s’endort, Adèle se retrouve plongée en 1572, à la veille du mariage du roi de Navarre, futur Henri IV et de Marguerite de Valois. Drôle de rêve, très réaliste, qui se prolonge nuit après nuit, sieste après sieste. C’est en 1572 qu’Adèle rencontre Samuel, jeune et séduisant protestant, qu’elle le voit quelques jours plus tard se faire assassiner dans les rues de Paris, lors de la Saint-Barthélemy.

Adèle est bien décidée à le sauver de cet affreux destin. Elle cherche à y parvenir en remontant le cours de sa lecture, mais voilà qu’elle découvre un Samuel souffrant de l’appendicite. L’infection peut être mortelle, il va falloir opérer et pour ça, trouver Ambroise Paré, le médecin du roi.

L’intensité des émotions qu’Adèle éprouve en rêvant est d’autant plus forte que dans la réalité, rien ne va plus. Ses parents ne savent qu’ordonner et punir, ses amis Juliette et Guillaume se disputent. La jeune fille n’a plus d’interlocuteur, plus d’affection. Son livre devient son seul refuge.

Tous ceux qui jour après jour se plongent dans les pages d’un livre comprendront le plaisir d’Adèle : il est possible d’échapper à la monotonie du monde et de multiplier les émotions en lisant. Surtout quand la lecture se transforme en un rêve qui comble toutes vos attentes. Mais à l’évidence, fuir ainsi la vie n’est pas le meilleur moyen d’être au monde quand on est adolescent. Adèle ira trop loin, poussée par ce qu’elle ressent comme de l’indifférence.

Silène Edgar trouve le ton juste pour restituer l’état d’esprit d’Adèle. Sans excès, elle fait trébucher son héroïne sur les difficultés de la vie, soulignant particulièrement la difficile communication avec les adultes, mais aussi l’incompréhension entre adolescents.

Silène Edgar sur Mes Imaginaires

 

Adèle et les noces de la Reine Margot, Silène Edgar, Bragelonne (Castelmore), avril 2015, 284 pages, 10,90€

 

A lire aussi :

Le souffle de Mars – Christophe Lambert 2121 : la planète Mars est en phase de terraformation. Un millier d'hommes et de femmes vivent déjà à Bradbury town, dont certaines depuis plus de dix...
Mosa Wosa – Nathalie Le Gendre Voici un roman qui finit de façon beaucoup moins attendue qu'on le croyait au départ. On a tout d'abord Mosa, un gentil adolescent indien qui vit harm...
Le chat venu du futur – Michel Jeury Louise et Charlie Carsac ont trouvé un drôle de chat : il devient parfois couleur groseille. Alors ils l'ont appelé Groseille. Mais Groseille n'est ...
Le tyran d’Axilane – Michel Grimaud Par un hiver particulièrement rude, une troupe de baladins arrivent sur les terres du tyran Tikobal. Assoiffé de pouvoir, il entreprend d'exploiter le...

Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot Maillard : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *