Le premier – Nadia Coste


Le premier_couvLes premières pages du nouveau roman de Nadia Coste sont assez déstabilisantes : en une période qui doit être la fin de la préhistoire, Úrr s’apprête à accomplir la dernière épreuve de l’initiation qui fera de lui un homme. Il pourra ensuite s’installer avec Milana qui deviendra sa compagne. Mais Vaïn, son encombrant petit frère, chétif et maladroit, le jalouse : il voudrait bien lui aussi devenir un homme, être un bon chasseur, s’attirer les œillades de Milana. Alors il suit son aîné dans la forêt, bien décidé à faire échouer la dernière épreuve d’Úrr : tuer un auroch. Les deux frères s’affrontent. Úrr tue Vaïn qui meurt et revient à la vie grâce aux sangsues et aux pierres de la rivière. Úrr quant à lui a bu près du loup : il ne sera plus jamais le même les nuits de pleine lune.

Il suffit en fait de passer les premières pages, nos hésitations quant à la crédibilité des personnages, puis tout se met en place. L’histoire de Vaïn pourchassant les descendants de son frère gagne en intensité chapitre après chapitre. C’est seul qu’il doit faire l’apprentissage de sa nouvelle condition. Il se découvre un homme nouveau, violent, fort, et surtout immortel. Il ne se nourrit plus que de sang et craint la lumière du soleil. Dit comme ça, c’est assez banal, heureusement Nadia Coste est plus fine.

Elle ne tombe d’ailleurs pas dans certains pièges, ignore les « passages obligés » ou attendus du genre vampirique, bref, elle ne donne pas dans le stéréotype. C’est que Vaïn ne fait pas dans le sentiment ni dans le cliché. Il ne se choisit par exemple pas une belle jeune fille pour l’accompagner dans son errance à travers les siècles. Non lui, il a pour ami une tête d’auroch à une corne et le premier être qu’il transforme pour, entre autres, qu’il partage sa solitude est un gros garde vicieux.

Bref, Le premier est un roman original, souvent violent mais les quelques bains de sang ne sont jamais gratuits ou inutiles, s’inscrivant dans la logique de la traque impitoyable de Vaïn à l’encontre des descendants de son frère. Quand à la fin du roman on retrouve une paire de jumeaux, j’ai tout simplement été soufflée par l’habileté de l’auteur.

Je ne m’attendais pas à tant apprécier ce roman, et découvre donc avec plaisir une auteur qui en a déjà plusieurs à son actif.

 

Le Premier, Nadia Coste, Scrinéo, avril 2015, 311 pages, 16.90€

 

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