Jeunesse

Le monastère caché – Pierre Stolze

Le monastère cachéTempête de neige sur le mont Kailasa au Tibet. Depuis sa cellule, Guésar le jeune novice entend un cri dans la nuit. Accompagné du chotrimpa, le surveillant en chef, il quitte la lamaserie et se dirige en direction du cri. Il découvre une jeune fille à demi morte qu’il ramène à Gomdrak Dzong, le monastère caché. Elle dit s’appeler Dolma, c’est tout ce dont elle se souvient.

Car si la jeune fille sait encore parler sa langue, l’anglais, elle est amnésique. Le supérieur décide de la garder au monastère le temps de sa convalescence et même à lui faire partager l’enseignement destiné aux moines et aux novices. Pour lequel elle se montre étonnamment douée. Ne serait-elle pas un tulkou, de ces humains qu’on considère comme la réincarnation d’un dieu ou d’une divinité ou d’éminents personnages ?

L’apparition soudaine de cette jeune fille, la découverte concomitante du cadavre d’un Anglais dans la montagne intriguent aussi la police secrète chinoise qui visite la jeune fille au monastère. Ses capacités à assimiler les enseignements du droubtob étonnent jusqu’au sorcier lui-même, mais elle entend bien les utiliser pour découvrir qui elle est vraiment. Avec l’aide de Guésar qui ne tarde pas à s’attacher à elle.

Je découvre Pierre Stolze et Le Verger des Hespérides à l’occasion de cette agréable lecture. Faire d’un jeune novice tibétain le héros d’un roman s’avère un choix original et réussi. Le dépaysement est garanti, l’aventure au rendez-vous. Sans être didactique ou ennuyeux, Pierre Stolze transmet au lecteur, jeune ou moins jeune, quelques rudiments de culture tibétaine. Le propos n’est pas manichéen, il n’y a pas d’un côté les méchants Chinois et de l’autre les gentils Tibétains. Mais un gouvernement chinois qui entretient les monastères pour garder la main, au cas où, sur les prestigieux réincarnés qui exercent une grande influence sur la population et au-delà. Personne n’est dupe et le propos politique est bien amené.

Le livre est de surcroit un bel objet relié en cahier, avec couverture à jaquette et de nombreuses illustrations internes, signées Antoine Denain. Un glossaire final explicite le vocabulaire spécifique au bouddhisme tibétain.

 

Le monastère caché, Pierre Stolze, Le Verger des Hespérides (Du coq à l’âme), mai 2015, 338 pages, 18€

 

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