Histoires assassines – Bernard Quiriny


Histoires assassinesQu’est-ce qui plait donc tant chez Bernard Quiriny ? Pourquoi ses nouvelles enthousiasment-elles tant les lecteurs ? La loufoquerie et le style me semblent de bonnes clés pour répondre à ces questions. Et si après Le village évanoui on est si contents qu’il revienne à la nouvelle, c’est que dans un recueil il y a par définition plusieurs histoires gentiment barrées, plutôt qu’une.

Histoires assassines n’est pas peuplé d’assassins mais bien de gens un peu spéciaux, en marge, que leurs différences placent à l’écart de la société. Il y a par exemple tous les patients du docteur Hampstadt (sujets de trois nouvelles) : l’une ne peut plus se déplacer qu’en marche arrière, l’autre ne perçoit plus l’écoulement du temps, la dernière enfin ne reconnaît plus ses proches. Celui qui les surpasse tous, c’est quand même Edouard Renouvier, « le nouveau Landru » qui engrosse les femmes grâce à ses nombreux fantasmes érotiques et qui se retrouve donc à la tête d’une nombreuse progéniture, au moins putative.

Les personnages de Quiriny sont souvent mal à l’aise dans leur corps, corps qui d’ailleurs peut prendre son autonomie de façon assez gênante, à l’exemple de tous ces gens qui bleuissent après l’acte sexuel. « Mon corps me quitte » est la nouvelle la plus représentative de cette thématique puisque son narrateur devient de plus en plus mou, sans consistance tandis qu’à ses côtés un squelette s’anime et prend des initiatives.

Bizarre.

Bizarres aussi ces Kamboulés qui passent leur vie à creuser des trous dans la forêt amazonienne et ce critique littéraire qui décide d’assassiner un écrivain par jour.

Et drôles, très drôles même, dans l’esprit des nouvelles autour de l’acte de création ou du monde universitaire présentes dans Une collection très particulière, les deux conférenciers (dont un de Châtillon-en-Bierre, tiens, il en est donc sorti…) qui s’écrivent leurs malheurs. Nous aurons le fin mot sur la littérature sterpinienne en fin de recueil, encore que… Mais les textes les plus hilarants sont les « Correctifs », sorte de quintessence de l’absurde.

Si vous aimez le bizarrement drôle (ou le drôlement bizarre), mais aussi le tendre tragique et l’ironie bienveillante, Quiriny est fait pour vous.

Bernard Quiriny sur Mes Imaginaires

 

Histoires assassines, Bernard Quiriny, Rivages, février 2015, 235 pages, 18€

 

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4 commentaires sur “Histoires assassines – Bernard Quiriny

  • A_girl_from_earth

    Oui, cet auteur est totalement fait pour moi bien que j’ai eu une petite déception avec son Village évanoui. Mais tu as raison, il excelle dans les nouvelles, et pour moi qui ne suis pas très « nouvelles » à la base, c’est quasiment une déclaration d’amour haha ! Bon, je n’ai lu qu’un de ses recueils, L’angoisse de la première phrase, mais j’en garde encore un souvenir fort, j’avais adoré, et depuis, je m’étais promise de poursuivre ma découverte de ses oeuvres. C’était sans compter PAL, LAL & co, mais je vais y revenir sans faute !

    • Sandrine Brugot Maillard Auteur de l’article

      Si je peux me permettre, j’ai encore préféré Une collection très particulière à celui-ci. Mais c’est parce que je chipote…