Les chevaux célestes – Guy Gavriel Kay


Les chevaux célestesLes chevaux célestes s’adresse à tous les amateurs de fantasy historique, avec beaucoup d’histoire et très peu de fantasy. Le tout dans une Chine ancienne, nommée Kitai et inspirée de la dynastie Tang, précise l’auteur en postface.

Shen Tai, fils cadet du général Shen Gao a décidé de passer la période de deuil due à son père dans la vallée retirée du Kuala Nor. C’est là que pendant deux ans, il enterre les cadavres des soldats morts au combat, quel que soit leur camp, car leurs âmes en peine cherchent le repos. Travail ingrat et solitaire dont il s’acquitte si bien qu’une princesse lui offre deux cent cinquante chevaux célestes, des Sardiens majestueux. Un cheval céleste aurait été un cadeau royal ; deux cent cinquante mettent en grand danger la vie de Tai qui doit tout craindre de ceux qui voudront s’emparer de ce cadeau démentiel.

Et de fait, à peine se sait-il possesseur des chevaux, qu’une tueuse s’introduit dans sa retraite grâce à l’innocence d’un ami cher venu lui apporter une nouvelle importante. Il lui échappe mais son ami meurt. Il décide de quitter sa vallée et d’apprendre qui en veut à sa vie. C’est le début d’un très périlleux périple qui verra Tai rejoindre son frère Liu, devenu conseiller du nouveau Premier ministre de l’empereur Taizu. Grâce à ses chevaux célestes, il acquiert un certain prestige en haut lieu, à la cour impériale elle-même, en particulier auprès de Wen Jian, la très jeune favorite de l’empereur, qui a fait nommer son cousin au poste de Premier ministre. Cette nomination n’est pas du goût de tous, elle engendrera meurtres et rebellions…

Des tumultes, des complots, de la rancune et du sang. Mais aussi de l’admiration, du respect et de l’amour. Et toujours, toujours ce code d’honneur qui fait mourir les yeux ouverts et honorer la femme aimée devenue concubine. De la Chine ancienne et si mystérieuse, si lointaine tant par le temps que par ses rigides traditions, Guy Gavriel Kay nous transmet les valeurs, l’exaltation et la grandeur. Tout y est démesuré, à l’image de la grande muraille. Le faste de l’empereur et le nombre de ses concubines renvoient à eux seuls au rang de plaisanteries les royaumes et empires occidentaux contemporains. Sans parler du raffinement des traditions qui n’a d’égal en subtilité que la cruauté avec laquelle on tue et torture.

Les chevaux célestes ressemble à un film en panoramique qui prendrait aussi bien soin des paysages que des personnages. L’intrigue elle-même se développe à partir d’un individu au départ assez quelconque qui va finir pris dans la tourmente du palais impérial et entouré de cadavres. Il n’est pas ambitieux, ce qui le tient éloigné de toute compromission et lui confère un statut de héros malgré lui. Il est cependant assez perspicace pour demeurer vivant, ce qui n’est pas une mince affaire au regard de l’envie qu’il suscite.

Une intrigue aussi vaste et complexe que la civilisation qui l’a inspirée.

Guy Gavriel Kay sur Mes Imaginaires

 

Les chevaux célestes (Under Heaven, 2010), Guy Gavriel Kay traduit de l’anglais (canadien) par Mikael Cabon, L’Atalante, juin 2014, 654 pages, 27€

 

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