Jeunesse

La seconde vie de d’Artagnan – Jean-Luc Marcastel

La seconde vie de d'ArtagnaOn savait d’Artagnan homme d’aventures. En bon héros dumasien, il a beaucoup affronté et s’est sorti de bien des situations. Mais il ne s’attendait certainement pas, en devenant héros marcastelien, au sort qui l’attendait. Le voilà devenu simulacre, l’ombre de lui-même ou au moins sa projection rajeunie. Parce qu’on ne peut pas sans cesse échapper à ses poursuivants, d’autant moins quand ceux-ci ne sont plus humains, ça dépasse l’héroïsme. L’héroïsme dumasien.

D’Artagnan revient à la vie dans une nouvelle France, où on se déplace en libellugences. On peut aussi remplacer un membre défaillant par un mécamembre, c’est la mode. C’est que quelques années auparavant, les Archanges sont venus en aide aux humains contre une attaque de méchants extraterrestres, apportant avec eux une technologie pour le moins révolutionnaire. Pensez donc, Louis XIV est même en train de se faire construire un château dans le ciel…

C’est dans cette France-là que le nouveau d’Artagnan voit le jour. Il n’a que le temps de se faire expliquer par l’original agonisant qu’il doit récupérer une bague qui porte la mémoire d’événements qu’il se doit de connaître. Soit. Il aura pour guide et serviteur le fidèle Planchet. Soit. Mais elle est où cette bague ? Le lecteur le sait, puis que La Seconde vie de d’Artagnan s’ouvre sur la scène où le « vrai » et vieux mousquetaire confie ladite bague à la très jolie et très voleuse Estella qui tentait justement de la lui dérober. Il va donc falloir retrouver la donzelle, une anguille des bas-fonds parisiens.

Bien entendu, ça ne va pas se faire tout seul. D’Artagnan et Planchet sont poursuivis par … (vous verrez bien !), Estella veut se faire la malle vers la Versailles céleste et revendre sa vieille bague pour se payer le voyage. Ça court, ça saute, ça s’envole sans répit aucun, au point qu’on sort épuisé de la lecture du premier tome de la nouvelle série de Jean-Luc Marcastel. Epuisé et ravi car si on a déjà pu goûter le sens de l’aventure de l’auteur auvergnat, il déploie ici une verve des plus réjouissantes. C’est un festival d’humour et de jeux de mots qui donnent aux protagonistes un sens aigu de la répartie qui fait mouche. Drôle tout le temps et jamais lourd, même si les ligues féministes s’offusqueront de l’utilisation incessante des charmes d’Estella la dévergondée…

On regrette quelques fautes d’orthographe et de grammaire mais on apprécie les illustrations crayonnées de Jean-Mathias Xavier. La seconde vie de d’Artagnan se révèle donc être un plaisir de lecture, dont on attend la suite.

Jean-Luc Marcastel sur Mes Imaginaires

 

Le Simulacre – 1 : la seconde vie de d’Artagnan, Jean-Luc Marcastel illustré par Jean-Mathias Xavier, Editions du Matagot, juin 2014, 288 pages, 15€

 

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot Maillard : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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