Anti-glace – Stephen Baxter


Anti-glaceTraveller, un scientifique génial ou peut-être fou, quoi qu’il en soit britannique, a découvert une nouvelle source d’énergie : l’anti-glace. En 1870, sa majesté impériale Edouard, le jeune roi-empereur peut être fier de son exposition universelle : l’industrie britannique domine le monde à travers son vaste empire.

Le jeune Ned Vicars, diplomate de son état, est bien conscient de la supériorité de son pays. D’autant plus que son frère Hedley a été victime de la toute première utilisation d’une bombe à anti-glace. C’était en 1855 à Sébastopol et elle n’a rien laissé derrière elle, anéantissant la ville et tous ceux qui se trouvaient dans son proche périmètre. C’est que la puissance de l’anti-glace est colossale mais on ne sait pas encore la maîtriser…

Alors qu’il visite l’exposition, Ned rencontre George Holden, reporter au Manchester Herald. C’est ensemble qu’ils se rendent en Belgique, sur un territoire annexé par l’Empire, sur le chantier de construction du Prince Albert, un vaisseau terrestre se mouvant à l’anti-glace. Mais alors qu’il visite le Phaeton, le vaisseau de Traveller lui-même, le navire terrestre est victime d’un attentat : le Phaeton s’envole avec à son bord Ned, Holden, Traveller et son valet et le mystérieux pilote qui les a pris en otage. C’est le début d’un grand voyage vers la Lune…

En lisant Anti-glace on pense à Jules Verne, à Albert Robida, à H.G. Wells (auquel Baxter a déjà rendu hommage à travers Les Vaisseaux du temps, suite de La machine à explorer le temps) et à tous ces précurseurs de la science-fiction qui donnèrent leurs lettres de noblesse au merveilleux scientifique. Tout est possible, même à un Anglais de marcher sur la Lune au XIXe siècle ! Faisant fi de toutes les lois de la physique, l’imaginaire le plus débridé est roi et l’aventure aux commandes. Du coup, l’aspect caricatural de certaines situations et des personnages renforcent la cohérence de l’ensemble.

Stephen Baxter, comme ses grands ancêtres, n’en omet cependant pas de porter un regard critique sur cette utilisation débridée de la science, qui sans conscience, comme chacun sait, ne mène à rien de bon. Est-il légitime de laisser l’anti-glace entre les mains des gouvernants et autres militaires pour qu’ils en usent afin d’intimider et, le moment venu, de trucider en masse l’ennemi ? Cette hégémonie acquise par la Grande-Bretagne grâce à cette énergie ne se transforme-t-elle pas en tyrannie ?

Stephen Baxter sur Mes Imaginaires

 

Anti-glace (Anti-Ice, 1993), Stephen Baxter traduit de l’anglais par Pierre-Paul Durastanti, Le Bélial’, juin 2014, 269 pages, 22€

 

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