American Fays – Fakhouri et Dollo


American FaysDécollage immédiat pour le Chicago des années 20, 1920. Avec Al Capone et les leprechauns. Et celui qui me dit qu’il n’y avait pas de leprechauns à Chicago dans les années 20 n’a pas lu Americans Fays. Ce qui est dommage parce que grâce à Anne Fakhouri et Xavier Dollo, la capitale de la pègre compte bon nombre d’autres créatures insoupçonnées : des fays du logis aux nymphes en passant par les pixies, hamadryades et autres trolls.

Magie + grande ville = fantasy urbaine. On dit aussi « steam fantasy » dernièrement…

C’est dans cet univers qu’oeuvrent les No Ears Four, une bande de méchants (mais pas trop) au service d’Al Capone. Celui-ci leur demande d’enquêter sur une série de meurtres qui commencent à lui déplaire sérieusement car on le tient pour responsable.

Chez les No Ears Four il y a : Old Odd le chef allergique aux fays (il éternue en leur présence : pratique finalement) ; Bulldog, simple et costaud (ça dépanne) ; Jack The Crap l’assassin cruel de service (il tue sans sentiment, très utile) et Bix, trompettiste au cœur tendre (ce qui est beaucoup moins indispensable, voire déconseillé dans une association de malfaiteurs).

Va donc falloir que ces quatre-là se bougent pour découvrir ce qui se trame dans le monde des fays : ces crimes ont-ils à voir avec la magie, la prohibition, la prostitution, le tout à la fois ? Le boulot n’est pas de tout repos car Capone, exilé hors de sa ville, n’a pas que des amis. Il a même des ennemis, des Siciliens, bien décidés à faire la peau à tous ceux qui se mettront en travers de leur chemin. Et comme ils ont dans leur camp un riche industriel, un savant fou et un golem…

De l’action donc, il y en a. Il y a aussi de l’humour, car nos deux auteurs ont sans conteste le sens des dialogues, et de l’amour car tous ces mecs à flingues ont aussi des cœurs qui ne résistent guère aux jeunes filles ou nymphes en détresse.

Et pour parfaire le tout, les amateurs apprécieront de retrouver l’ambiance des meilleurs films de gangsters avec bagnoles, impers, et jazzmen. Car les références sont nombreuses, des pères fondateurs à Lasser, on ne se refuse rien de ce qui fait plaisir.

Impossible de finir sans dire un mot du soin apporté par les éditions Critic à l’objet-livre. Couverture rigide, tranche toilée et pages reliées en cahier : et si vous l’offriez ?

 

A lire : une interview des auteurs sur ActuSF (et vous découvrirez que la « steam fantasy », ça existe, ou en tout cas, ça se dit…).

Anne Fakhouri et Xavier Dollo/Thomas Geha sur Mes Imaginaires

 

American Fays, Anne Fakhouri et Xavier Dollo, Critic, octobre 2014, 419 pages, 23€

 

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12 commentaires sur “American Fays – Fakhouri et Dollo

    • Sandrine Brugot Maillard Auteur de l’article

      Quand je l’ai eu entre les mains, avant même de le lire, je me suis dit que c’était un livre pour faire plaisir. Du coup, j’avais d’autant plus envie qu’il soit bon pour le conseiller sincèrement. Et comme je pense que Critc n’est pas un éditeur très argenté, je pense qu’il est bon de franchement souligné l’effort. Voilà 😉

  • Lorhkan

    Ah cool, content de voir que ce roman est de qualité ! Je confirme pour l’objet, superbe.
    Je vais chercher mon exemplaire en fin de semaine, une belle pièce pour la bibliothèque.

    Avec quelques amis blogueurs aux Utopiales, on se demandait justement s’il n’allait pas y avoir un crossover avec Lasser. Ça semble en prendre le chemin. Raison de plus pour que je m’intéresse enfin à ce détective ! 😉

    • Sandrine Brugot Maillard Auteur de l’article

      Au-delà des auteurs (qui je l’imagine s’apprécient) et de l’éditeur commun, ce qui me semble lier ce roman et la série des Lasser (dont je n’ai lu qu’un volume pour l’instant), c’est l’envie de divertir, de rocambolesque et d’aventure dans un univers créé pour, qui est comme un terrain de jeu. Les auteurs créent leurs univers selon leurs envies et leurs intérêts et c’est partie pour le plaisir, avec plein de références mais sans être hermétique à qui n’est pas de la bande. Ils ont aussi un esprit polar en commun, ou roman noir qui fonctionne bien parce que ce noir-là n’est pas dépressif mais au contraire réjouissant…