Nous sommes tous morts – Salomon de Izarra


Nous sommes tous mortsTout le monde n’a pas eu la chance d’avoir un professeur de français nommé Romero. C’est ce qui est arrivé à Salomon de Izarra : il n’y a pas que des hasards dans la vie. Le jeune écrivain remercie donc en dernière page de son premier roman, Nous sommes tous morts, cet enseignant qui l’a « encouragé à poursuivre dans l’écriture ». Merci monsieur Romero, à tous les Romero qui de près ou de loin ont infusé notre imaginaire, en compagnie de quelques autres monstres (sacrés), Lovecraft probablement dans le cas de Salomon de Izarra.

« Nous sommes tous morts », c’est le cri que pousse et répète le narrateur, Nathaniel Nordnight, second à bord du Providence, baleinier norvégien qui prit la mer en septembre 1927. Pas de suspens dès lors mais le récit rétrospectif d’épreuves terrifiantes qui conduisent les marins vers un au-delà de la mort hanté par le crime suprême : le cannibalisme. Tempête, cauchemars, puis un bateau pris par une incompréhensible glace, tentaculaire à souhait. La glace, c’est aussi l’absence de vie, que les humains rejettent de toute la force de leur folie et de leurs peurs. La mort s’immisce, elle pénètre et prend son dû, marin après marin. A moins que…

Nous sommes tous morts  est un roman sous influence. Des Aventures d’Arthur Gordon Pym à Terreur, le trauma maritime innerve tout le texte. L’errance monstrueuse de soi est aussi un thème dominant, qui s’inscrit dans une riche tradition littéraire, propre à provoquer d’une part l’introspection horrifiée du héros qui perd peu à peu son identité, et bien sûr un sentiment de terreur de la part du lecteur. Salomon de Izarra cultive la monstruosité lovecraftienne, ainsi que la culpabilité d’être au monde, la folie et l’enfermement. Autant d’ingrédients imparables pour construire une intrigue très classique mais efficace.

Salomon de Izarra sur Mes Imaginaires

 

Nous sommes tous morts, Salomon de Izarra, Rivages, avril 2014, 131 pages, 15€

 

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