Mama – Andrés Muschietti


MamaMama, oui, mais tout commence à cause de papa (Jaime Lannister Nikolaj Coster-Waldau) qui un jour pète les plombs, zigouille femme et collègues (ce qu’on ne voit pas) et part avec ses deux petites filles sur les routes enneigées. Il roule vite, trop vite et c’est l’accident. Tous trois errent dans la forêt jusqu’à une maison abandonnée (la fameuse cabane au fond des bois…). Là, il compte bien achever son œuvre morbide mais au moment où il pointe son arme sur la petite Victoria (Megan Charpentier), trois ans, il est… emporté ? Déchiqueté ? Allez savoir…

Papa avait un frère (Nikolaj Coster-Waldau, à nouveau et c’est tant mieux…), qui cinq ans après la disparition de ses nièces n’a pas abandonné les recherches. Et enfin, deux chercheurs tombent sur la maison et trouvent les deux petites, Victoria et Lilly qui ressemblent désormais à de petits animaux sauvages. Elles sont soignées avec attention et Victoria retrouve peu à peu la parole et un comportement à peu près mama-02normal. Mais Lilly ne communique pas, marche pieds nus à quatre pattes. L’oncle Lucas pourtant décide de les prendre chez lui, en fait dans une maison qu’on lui octroie à lui et à sa compagne Anabelle (Jessica Chastain) pour qu’il s’occupe des petites.

Mais il se passe bientôt des choses étranges dans la maison et le gentil tonton est victime d’un accident qui l’envoie à l’hôpital. Anabelle reste avec les enfants. Seule ? Victoria et Lilly semblent converser avec une étrange présence féminine qu’elles appellent Mama, cette même présence qui a veillé sur elles durant leurs années en forêt et qui les a suivies. Elle apparaît, d’abord sous forme de taches dans les murs et de papillons de nuit, et ne semble pas vouloir partager l’affection des petites. Anabelle commence à avoir peur, de même que le psychiatre qui les suit. Il se renseigne sur une possible femme en mal d’enfant, une folle peut-être échappée d’un asile proche. Mais c’était au XIXe siècle…

Mama 3L’enfance, la vie après la mort, l’absence maternelle : autant de thèmes chers au producteur, Guillermo del Toro dont le nom pèse plus lourd sur l’affiche que celui du réalisateur, Andrés Muschietti. Il attire l’attention et c’est tant mieux car Mama est un beau film à l’esthétique soignée et à l’ambiance angoissante sans trop en faire. Quelques classiques sursauts ponctuent l’action, mais pas de gore ni d’horreur au sens propre. Les deux petites sont angéliques sans être mièvres et en parvenant à susciter le doute sur leurs intentions : sont-elles inoffensives ?

Le dernier quart d’heure m’a semble trop appuyé, avec des effets spéciaux chargés qui ôtent de la délicatesse au film. Car ce sont bien les petites qui en font tout l’intérêt, ainsi que la relation qui s’ébauche avec leur mère de substitution. L’introduction d’une femme meurtrie, surgie du passé à la recherche d’un enfant pour combler le vide maternel travaille à la cohérence du scénario, mais on s’en fiche presque. A mes yeux, quelques évocations auraient suffi.

Mama reste cependant un beau film sur la souffrance maternelle exacerbée, le besoin d’enfant et la difficile communication avec ces jeunes êtres perturbés. Et malgré un réalisateur argentin, un producteur mexicain et des acteurs qui parlent tous anglais : un beau film espagnol…

 

Mama de Andrés Muschietti
Durée : 1h 40 – Sortie nationale : 2013

 

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2 commentaires sur “Mama – Andrés Muschietti

    • Sandrine Brugot Maillard Auteur de l’article

      Oui je suis d’accord : il y a une exagération démonstrative, juste peut-être pour le plaisir des effets spéciaux, qui gâche la finesse du reste. C’est bien trop appuyé, comme si on prenait le spectateur pour un idiot et qu’il fallait tout expliquer… dommage…