La révolte des morts vivants – Amando de Ossorio


La Révolte des morts vivants est le premier film de la tétralogie que l’espagnol Amando de Ossorio consacra aux morts vivants. Nous sommes en 1972, Franco n’est pas encore tout à fait mort mais à l’image des moines templiers, l’Espagne sort de sa léthargie et secoue les bonnes vieilles valeurs conservatrices qui pourrissent et se désintègrent.

La révolte des morts vivants 4

Betty (Lone Fleming) et Virginia (María Elena Arpón) se retrouvent par hasard au bord d’une piscine tout ce qu’il y a de plus bétonnée et kitch. Virginia propose à son amie, avec laquelle elle a eu une aventure homosexuelle en pension, de partir avec elle et son fiancé (César Burner) pour un séjour au Portugal. Jalouse, Virginia saute du train pendant le voyage et se retrouve dans les ruines d’un monastère où elle décide de passer la nuit, à moitié nue dans son sac de couchage. Mais voilà que les tombes du cimetière se mettent à bouger, qu’en sortent des squelettes vêtus de grandes capes. Ils poursuivent Virginia qui fuie mais est rattrapée par des zombies à cheval. Elle est retrouvée morte peu après. Roger et Betty décident de mener l’enquête.

La révolte des morts vivants 2

Les femmes sont la cible principale de ces Templiers jadis condamnés pour avoir pratiqué la magie noire. Ils les torturaient pour boire leur sang. Mais elles sont aussi frappées, brutalisée, et même violées pour l’une d’entre elles par des hommes bien vivants. Ossorio prend plaisir à déshabiller ses actrices, à montrer une fesse, un sein pour mieux ensuite les frapper. Le sexe est à l’évidence l’autre ressort du film, horreur et érotisme se conjuguant dans une formule qui connaîtra les pires excès. Le sang jaillit de seins coupés, les moines le boivent avidement ; il jaillit aussi sur des petites filles, ou du bras sectionné du héros.

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La Révolte des morts vivants bénéficie d’une esthétique très soignée. Les zombies à cheval, leurs capes au vent dans la nuit sont superbes, d’autant plus qu’ils chevauchent sur une bande son mixant chants monastiques et bruits inquiétants. Une belle réussite. Les ruines du monastère sont imposantes à souhait, mais Amando de Ossorio ne se repose pas sur cet acquis. Betty travaille dans un atelier où elle confectionne des mannequins. Elle est donc entourée de corps, de membres morcelés qui pendent un peu partout, inquiétants, plongés dans la lumière rouge et clignotante d’un néon.

La révolte des morts vivants 3

Les décors, la musique, les longues scènes de déambulations dans les ruines monastiques créent une ambiance des plus inquiétantes et réussies. Elle est le grand atout du film. A l’aube d’une déferlante de sexe et de gore, La Révolte des morts vivants reste assez sobre et soigne ses effets. On peut donc le regarder aujourd’hui encore et applaudir à cette fin apocalyptique, aux moines sanglants et au kitch nostalgique. Les féministes s’abstiendront prudemment…

 

La révolte des morts vivants (La noche del terror ciego), 1972

Amando de Ossorio

 

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