Jeunesse

Les Outrepasseurs / 1 – Cindy Van Wilder

Les Outrepasseurs 1Peter est un jeune adolescent londonien qui rêve de percer dans le football. Il se réjouit justement de l’amélioration de ses performances quand il agressé par deux molosses visiblement malintentionnés à son égard. Sa mère le sauve in extremis, juste avant d’aller décapiter la bonne pour trahison. C’est que maman n’est pas celle qu’il pensait, d’ailleurs, ne vient-il pas de la voir se transformer en renarde sous ses yeux ?

Ce soir, c’est justement le grand soir. Peter est emmené dans la grande demeure de Noble, un homme défiguré que sa mère appelle « monseigneur ». Là, d’autres adolescents sont réunis et poussés sans ménagement dans une piscine où vivent quelques sirènes carnivores. Au cours de plongées renouvelées, les jeunes gens découvriront la vie d’un village médiéval dont la quiétude est bouleversée par des fés.

Sept fés ont quitté leur royaume souterrain au printemps et s’attardent à l’orée de l’hiver à la surface. Parce que le Chasseur a jeté son dévolu sur un humain, le jeune Arnaut, ils vont se trouver confrontés aux habitants de la villeneuve de Maupertuis qui font l’une d’entre eux prisonnière, la Tisseuse. S’ouvre une lutte entre fés et villageois : Arnaut contre la Tisseuse. Mais les fés enlèvent des enfants et l’Eglise bientôt s’en mêle.

On comprend rapidement que les jeunes gens enfermés dans la maison de Noble sont, au même titre que leurs parents, les descendants des villageois de Maupertuis : ils sont les héritiers, le titre de ce premier tome l’indique. Dès lors, l’intrigue repose sur la compréhension de cette transmission par-delà les siècles. Que s’est-il passé en 1207 qui pèse encore sur 2013 ? Trois cent cinquante pages pour cette explication, c’est beaucoup trop. Beaucoup trop d’explications, d’hésitations, de tergiversations qui font durer le récit et languir l’action. J’ai bien tenté de m’accrocher aux personnages, mais ils sont malheureusement trop nombreux et peu incarnés pour qu’on les suive vraiment. Des sept couples de villageois, seul celui des parents d’Arnaut sort vraiment du lot, les autres restant assez peu caractérisés.

Les rapprochements entre les jeunes gens en 2013 et les villageois m’ont semblé artificiels dans leurs caractères, leurs physionomies, leurs prénoms (il y a d’ailleurs plusieurs erreurs sur le prénom Peter/Pierre). Tout comme les similitudes entre les individus et les animaux qu’ils vont incarner. Car oui, à l’image de la mère de Peter au début, on comprend aussi très vite que tous ces villageois vont être maudits et contraints de se transformer en animaux.

C’est d’ailleurs un peu le problème, on comprend beaucoup de choses avant révélations qui de fait n’en sont pas, tombent à plat. C’est dommage. La bonne idée me semble-t-il est l’utilisation de méchants fés qui vont à rebours des contes traditionnels. Le Chasseur est aussi un personnage intéressant. Ce premier tome de la série Les Outrepasseurs pèche par sa construction bancale. L’intrigue n’est pas assez rythmée et il est regrettable que les longues descriptions ne servent pas plus à l’incarnation des personnages. Faire long n’est pas une obligation en littérature de l’Imaginaire pour la jeunesse aujourd’hui, autant faire court mais efficace.

Le blog de l’auteur

 

Les Outrepasseurs – 1 : Les Héritiers, Cindy Van Wilder, Gulf Stream, février 2014, 350 pages, 18€

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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