BD/Mangas

Scumbag Loser – Mikoto Yamaguti

Masahiko Murai a un objectif dans la vie : ne pas devenir le dernier des ratés de sa classe. Heureusement pour lui, il y a Yamada : il est sale, il pue et accepte toutes les humiliations. Alors oui, Murai  est à genoux devant ses tortionnaires, mais Yamada est encore pire que lui. Jusqu’au jour où…

Scumbag Loser 1

Jusqu’au jour où Yamada déclare qu’il a une petite amie et montre sa photo à toute la classe : une fille super mignonne qui passionne aussitôt tous les pubères alentour. Mauvais pour Murai, très mauvais, le voilà qui n’a plus aucun intérêt pour personne. Il faut vite qu’il se trouve lui aussi une petite amie. Et le voilà qui montre la photo d’une fille, Haruka Mizusawa, charmante elle aussi, qui miraculeusement intègre la classe de Murai le lendemain. Et accepte de devenir sa petite amie. Ça déjà, c’est louche, mais en plus, Murai sait très bien que la Haruka Mizusawa dont il parle n’existe pas, ou plutôt n’existe plus puisqu’elle est morte cinq ans auparavant. Alors qui est cette fille ?

Au moins une manipulatrice, au pire… bien pire que ça. Et pour échapper au titre de loser, pour la garder, Murai accepte de dire et faire ce qu’elle veut. Tout ce qu’elle veut.

Scumbag Loser 2

La quatrième de couverture précise : « pour public averti » et en effet, Scumbag Loser n’est pas le genre de manga à mettre entre lesScumbag Loser 3 mains de très jeunes lecteurs. L’idée directrice est de savoir jusqu’où ira Murai pour ne pas être roi des losers. Il est prêt à s’avilir, à ramper et même à lécher les pieds les plus puants. Beaucoup de perversion dans ce manga car Murai, minable suprême s’affiche tel qu’il est alors que la toute mignonne Haruka est un monstre qui ne se dévoile que peu à peu, manipule et humilie.

Le malaise s’installe très vite pour le lecteur, mais un malaise réjouissant parce que rire est encore le meilleur moyen de se désolidariser de Murai. Il est une caricature d’ado : gros, malsain et puant, servile au-delà du possible. On est pris entre pitié et sadisme : pitié pour un être humain manipulé mais envie quand même qu’il ne s’en sorte pas tellement il mérite son sort. On se plait à le voir humilié, les pulsions travaillent à fond, c’est dire si le plaisir pervers fonctionne à merveille. Parce que Scumbag Loser est avant tout drôle, méchamment et sadiquement drôle, d’un humour qui ne plaira certainement pas à tout le monde mais qui fait sacrément du bien parmi tous les mangas aseptisés qui nous tombent des mains.

 

Scumbag Loser, Mikoto Yamaguti traduit du japonais par Jean-Benoît Silvestre, ki-oon, tome1 septembre 2013, tome 2 décembre 2013.

 

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot Maillard : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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