La quatrième théorie – Thierry Crouzet


La quatrième théorieVous qui menez une vie de blogueur pépère, il est temps, si ce n’est fait, de vous interroger sur les enjeux du web. Si tout commence très vite dans La quatrième théorie, avec fuite, course-poursuite, flingue et tout l’attirail, Thierry Crouzet invite le lecteur à réfléchir sur l’impact des nouvelles technologies, nos choix d’internautes utilisateurs.

Parce qu’ils ont retrouvé Jos, ami de jeunesse et ancien activiste du web, Idé et sa femme Mitch vous devoir abandonner leurs enfants et courir vite. Ce ne sont pas les flics qu’ils ont aux fesses mais les Croisés, dont l’ambition n’est autre que « commander, soumettre et réduire en esclavage » la population mondiale. Des intégristes qui veulent s’emparer du web pour mieux contrôler la population et pour ça réduire les Freemen au silence, les empêcher de développer indépendance et esprit critique chez l’internaute. Le lien social oui mais pas au nom d’une nouvelle religion de l’Internet.

Comme il l’explique dans une interview, c’est la twittérature qui est à l’origine de La quatrième théorie : écrire sur Twitter quelque chose qui s’apparente à de la littérature, écrire donc sous la contrainte, celle du format mais aussi celle des lecteurs qui évaluent et influencent le texte en cours. Cent quarante signes par phrase, ça donne forcément un style nerveux, haché, qui convient parfaitement au rythme de l’intrigue qui ne s’arrête jamais. On pense à James Bond, tant pour l’enchaînement des faits que pour les protagonistes, tous hyper intelligents et déductifs.

Il faut dire que Mitch est largement aidée par un implant cérébral, une intelligence artificielle avec laquelle elle ne tarde pas à communiquer et qui fait d’elle une sorte de Super Jaimie moderne.

La quatrième théorie n’est malheureusement pas un roman pour moi. Conques qui explose, le Vatican impliqué, les algorithmes génétiques et la conscience quantique : tout ça m’épuise et me dépasse rapidement. Ça prend des airs de film d’espionnage aux héros invincibles mais avec un cœur qui bat quand même, humains améliorés, phrases à l’emporte-pièce : « Ton passé n’est pas mort, le passé ne meurt jamais », « Je vais me battre. Je suis une tueuse ». Si « l’idéologie » Freemen me parle, ma vie passée dans les livres et loin de l’information et de toute sorte d’actualité politique ou économique me rend un tel roman presque étranger.

 

La quatrième théorie, Thierry Crouzet, Fayard (Noir), avril 2013, 541 pages, 20€

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