The White Zombie – Victor Halperin


Il faut un début à tout et on s’accorde pour considérer The White Zombie comme le premier film de zombies. En tout cas, il est profondément lié aux origines vaudous de ces morts vivants, puisque l’intrigue se déroule à Haïti.

Neil (John Harron) et Madeline (Madge Bellamy), un jeune couple d’amoureux arrivent sur l’île et rejoignent la demeure de Charles Beaumont (Robert Frazer), un riche planteur qui les a invités à venir y célébrer leur mariage. En fait, il est amoureux de la jeune femme et cherche à la faire renoncer à ses noces. Devant son entêtement, Beaumont s’adresse à un sorcier blanc, Legendre (Bela Lugosi) probablement français, pour qu’il l’aide à persuader sa belle. Il décide de la faire mourir pour la ramener d’entre les morts, à l’instar de ses nombreux esclaves, qui furent jadis ses maîtres ou ses ennemis. En fait, il a ses propres vues sur la belle Madeline.

White Zombie 5

Beaumont récupère donc une Madeline zombie qui ne le satisfait pas. On le voit lui offrant un magnifique collier sans parvenir à la faire ne serait-ce que sourire, on imagine qu’elle n’est guère plus démonstrative quelle que soit la façon dont il lui démontre son affection… Bref, il fait part de son désappointement à Legendre qui ricane bien sûr car les déboires sentimentaux du jeune homme l’indiffèrent évidemment. Il compte d’ailleurs se débarrasser de lui sous peu.

Je ne dévoilerai pas grand-chose en disant que tout finit bien : exit les zombies, le méchant sorcier et le pervers nécrophile. Tout ce monde-là disparait englouti par les flots, les morts vivants dans un mouvement panurgique qui frôle le ridicule. A noter qu’ils tombent d’une terrasse du château de Legendre, lequel château est celui qui servit l’année précédente pour le Dracula de Tod Browning. Un château des Carpates donc, à Haïti. C’est assez étrange et pour tout dire, risible.

Risible aussi ce Bela Lugosi qui recycle les mimiques vampiriques, à croire qu’il n’en a pas d’autres. Mais filmé en contreplongée, il est encore effrayant, au moins inquiétant, même s’il doit se tripoter les mains comme une jeune fille timide pour mettre en marche son armée de zombies. Le Hongrois maléfique est en passe de devenir la première grande star du cinéma d’horreur.

White Zombie 3

Ce film tire son principal (et unique ?) intérêt d’être le premier. En cela il innove et fonde un archétype encore peu présent en littérature, qui fera fortune des décennies plus tard. Le zombie est ici tout à fait présentable, ni dégoulinant ni sanguinolent, à première vue pas anthropophage, quelque peu inquiétant quand même quand il se déplace en bande, préludant ainsi aux troupeaux de zombies carrément méchants qui se déversent sur nous depuis.

White Zombie 2

Madeline en zombie, n’est pas effrayante du tout, elle a juste de grands yeux fixes. A peu près aussi convaincante qu’une poupée de porcelaine (et c’est aussi valable pour les scènes où elle n’est pas encore une zombie). L’amour par delà la mort : un thème banal ; la sexualité joyeuse post-mortem reste à inventer…

White Zombie 1

Par contre, le zombie est déjà privé de conscience, donc déshumanisé, il vit en groupe et sert volontiers de main d’œuvre à peu de frais (on les voit faire tourner la broyeuse de canne à sucre). La boucle est bouclée : le zombie est l’équivalent de l’esclave des plantations considéré par les Blancs comme un travailleur, pas comme un être humain. Alors pas question de faire de ces zombies les stars du film comme ils le seront plus tard. L’héroïne c’est the White Zombie, la femme manipulée, mais surtout le sorcier manipulateur, le charmeur maléfique, la figure du Mal : le maître des zombies.

White Zombie 4

Si vous comprenez l’anglais, vous pouvez regarder ce film (et de très nombreux autres) sur Archives.org

The White Zombie
Victor Halperin, 1932

 

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