Lady Hunt – Hélène Frappat


Hélène FrappatC’est après avoir entendu Hélène Frappat parler de Lady Hunt lors de certaines de mes émissions littéraires préférées que j’ai eu envie de lire ce livre. Gothique, disait-on, angoisse, maison hantée, malédiction… autant de topiques au charme puissant qui ne sont plus guère traités aujourd’hui.

Laura Kern travaille pour une agence immobilière parisienne : elle fait visiter des appartements très haut de gamme, sans grande conviction. Elle est obsédée par une maison qu’elle voit en rêve et par la maladie de son père qui l’a peu à peu poussé au suicide : la chorée de Huntington.

Malheureusement, je n’ai pas été séduite et n’ai achevé ces quatre-vingt-seize chapitres que péniblement. Car il ne suffit pas d’une rousse, de rêves et d’une malédiction familiale pour faire un roman gothique. Même moderne. D’ailleurs, qu’est-ce que le gothique moderne ? Le gothique n’est-il pas forcément désuet, rappel ronflant de ce qui fut, d’une certaine splendeur passée ?

Hélène Frappat fait bien des efforts, intercalant des rêves dans son récit, faisant planer la maladie du père comme une malédiction au-dessus des deux sœurs Kern. La mort se fait omniprésente par la maladie qui menace. Ajoutez-y un enfant qui disparait et réapparait, une pierre de pouvoir, le pays de Galles et la Bretagne et vous comprendrez qu’Hélène Frappat n’a pas hésité à convoquer le gros de l’artillerie fantastique. Cependant, aucune intrigue ne vient soutenir l’attention et guère d’enjeux en dehors de savoir si la narratrice et sa sœur sont porteuses ou non de la maladie paternelle. Ça fait peu pour soutenir l’attention.

Il ne se dégage de ce roman d’Hélène Frappat ni peur ni même inquiétude, émotions propres au genre. Serait-ce le décor parisien chic qui m’a agacée ? Les longues citations en anglais non traduites (ce n’est qu’à la toute fin que le poème tant cité finit par l’être) ? Ou une impression persistante de laborieuse application ? Toujours est-il que l’ennui s’est vite immiscé dans ma lecture pour ne plus me quitter et que les tourments de la narratrice me sont restés étrangers.

Lady Hunt, Hélène Frappat, Actes Sud, août 2013, 317 pages, 20€

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