BD/Mangas

Frontiers / 1 – Christophe Wild

Frontiers couvVoici le premier volume d’une série intitulée Frontiers et sous-titrée Les chroniques des agents du B.A.D., à savoir Before Alien Destruction, un organisme chargé de « préserver de nombreux secrets technologiques hors de portée de tous pouvoirs politiques et militaires« . Pour être honnête, le communiqué de presse m’a bien aidée pour contextualiser ce premier tome car l’intrigue ne fournit guère de détails sur une époque qu’on pourrait qualifier d’uchronique sans plus de précisions. C’est qu’on est dans un monde que les humains partagent avec des extraterrestres, des vampires et quelques créatures hybrides. Parallèlement à la police officielle, le B.A.D. est chargé d’enquêter sur les crimes mettant en œuvre ces êtres arrivés là on ne sait comment.

L’album s’ouvre sur une traque : une belle jeune femme fuit devant un poursuivant acharné qui finit par l’enfermer dans une sorte de caisson, alors que sous l’effet de la colère, ses dents et ses ongles comment à pousser… Son poursuivant c’est Storm, agent du B.A.D. qui livre ainsi aux Khloriens leur quota de suceurs de sang. On n’en saura pas plus, ce qui est bien dommage. Christophe Wild choisit de ne pas expliquer les rapports entre humains et extraterrestres, alors qu’il se fait trop bavard au moment de la traque : le texte est redondant par rapport à des dessins bien assez explicites.

Frontiers 001

Dès les premières pages, nous voilà transportés dans une ambiance de films noirs au graphisme sombre et soigné. Christophe Wild au scénario et au dessin a le trait précis et aime les détails qui font époque : voitures et vieilles ruelles en particulier. Il aime aussi dessiner les femmes court vêtues, façon pin-up, ce qui cadre avec le style. Bien que les indications précisent « 1963, quelque part en Europe », on est plutôt dans un décor des années 40-50, ce que confirme l’apparition d’un sosie d’Humphrey Bogart et un autre d’Albert Einstein.

pin up 001

Bogart 001einstein 001A peine rentré de sa mission, Storm doit enquêter sur les disparitions de superbes femmes, qui ne sont pas sans lui rappeler une affaire antérieure similaire. Il a l’air d’avoir du flair et de savoir où il va alors que le lecteur est quelque peu désemparé, à la recherche d’un lien entre tout ce qui se passe. Par exemple l’activation de portes temporelles par ledit Einstein qui déclare posséder les clés du temps… ceci dit, il s’agit là d’un premier tome, on en saura certainement plus par la suite.

Je conseille vivement cette bande dessinée pour son graphisme et l’hommage aux films noirs. Pour l’instant, le scénario me laisse perplexe.

 

Frontiers, les chroniques des agents du B.A.D. – 1 : la traque, Christophe Wild, Glénat (Grafica), septembre 2013, 56 pages, 13.90€

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2 Comments

  • erwelyn

    Comme pour toutes les BD, j’ai tendance à attendre qu’il y ait au moins 3 ou 4 volumes de parus ou la série complète quand il s’agit de dyptique ou de trilogie. Néanmoins j’avoue être assez séduite d’ors et déjà par le graphisme et son côté rétro. Qu’en à la belle, on peut dire qu’elle a un décolleté, hum, des plus plongeant qui ne laissera pas indifférent certains.

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