La ville d’Ys / 1 – Rodophe & Alzate


Ys-couv.jpgLe roi Gradlon a quitté la Bretagne avec de nombreux navires. Alors qu’ils sont à court de vivres, ils aperçoivent enfin les côtes d’une île habitée, entourée de brume. Qui ressemble étrangement à celle qui hante les rêves de Gradlon, avec son imprenable citadelle, sa mystérieuse poterne pour laquelle tant de ses hommes sont morts, en rêve. Et voilà que jour après jour, ces mêmes guerriers se ruent à l’assaut et meurent les uns après les autres, et ce n’est plus un rêve. Gradlon s’obstine mais ses hommes renoncent, l’abandonnant sur cette île. Seul.

C’est alors que la reine Magdalen lui ouvre la petite poterne et le fait pénétrer dans la ville mystérieusement plongée dans le sommeil. Sous le charme envoutant de la belle jeune femme, il accède à sa demande et tue le roi son mari. Aussitôt, les deux amants fuient l’île à bord d’un vaisseau pour un voyage de plusieurs mois. Gradlon se remémore son crime mais le charme de Magdalen le lui font oublier, d’autant plus qu’elle tombe enceinte et qu’une île apparait enfin au loin. C’est sur cette île que naîtra la princesse Dahut, dont Gradlon devra s’occuper seul, après la disparition subite de Magdalen et de ses suivantes.

Ys-planche-2.jpgRodolphe au scénario a choisi de retracer la légende de la ville d’Ys depuis ses origines premières, avant même la naissance de la princesse Dahut qui demanda à son père de la construire. Le scénariste s’est servi des versions les plus récentes du mythe pour donner une ascendante féérique à la princesse Dahut. Sa mère, Magdalen, apparait ici comme une très belle femme maléfique et sensuelle, une sorcière.

Dès lors, la narration offre une version intégrale de la légende, magnifiée par le dessin de Raquel Alzate, dessinatrice espagnole que je découvre ici (déjà illustratrice de La Croix du Sud, avec Luis Duràn au scénario, autre bédéiste espagnol), qui manie très bien la brume et le clair-obscur. Son trait sombre sert aussi bien les scènes maritimes que les scènes de combat, les cotes sauvages et les scènes intimes. Car ce premier album de la série joue sur de nombreux registres : batailles, océan, intimité, forêts.

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Le roi Gradlon incarne à lui seul toute la démesure de l’homme assoiffé de victoires et de sang, soumis à l’amour d’une reine, amant endeuillé et père désemparé, enfin simple mortel guetté par la folie

Le scénario de Rodolphe permet de relire cette célèbre légende sur un mode plus humain. En plaçant au centre de ce premier tome un Gradlon manipulé, désemparé, qui ne comprend pas qu’il est le jouet de forces mystérieuses (dont on ne sait d’ailleurs rien), le scénariste lui confère une faiblesse qui le rend attachant. Un roi guerrier oui, mais aussi un homme et bientôt un père. Le tout dans une ambiance onirique très bienvenue.

Rodolphe sur Mes Imaginaires

La ville d’Ys – 1 : la folie Gradlon, Rodolphe (scénario) et Raquel Alzate (dessin), Dargaud, juin 2013, 48 pages, 13.99€

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