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Fantômes contre fantômes – Peter Jackson

Peter Jackson Fantomes-contre-fantomes-1.jpgDans Fantômes contre Fantômes de Peter Jackson, tout commence en pleine action, dans une maison gravement perturbée : une femme est poursuivie par un fantôme dont la silhouette se moule dans les murs, le plancher, les escaliers, détruisant tout sur son passage. Une vieille femme assiste à tout ça, qui se révèle être sa mère. Une impressionnante scène d’ouverture qui laisse présager de beaux effets spéciaux.

Mais c’est bien tout ce qu’il y aura à tirer de ce film de Peter Jackson, juste navrant tant les gags éculés succèdent aux scènes drôles qui tombent à plat.

La ville de Fairwell  enterre un autre de ses concitoyens. Depuis quelques temps, les morts s’accumulent, toutes causées par des arrêts du cœur imprévisibles. Ce qui fait les affaires de Frank Bannister (Michael J. Fox), ancien architecte devenu médium et même enquêteur grâce à ses talents acquis suite à un accident de la route qui coûta la vie à sa femme. Frank voit les fantômes, ces morts dont les âmes n’ont pas été aspirées vers le ciel et qui restent à errer sur terre. Plusieurs d’entre eux lui servent d’ailleurs d’amis et il a monté avec eux un petit trafic juteux : les deux comparses organisent quelques manifestations bruyantes et effrayantes chez les gens, qui appellent aussitôt Frank Bannister à la rescousse.

Mais Bannister va se trouver pris dans plus grand que ses petites magouilles. Grâce à son don, il comprend qu’une entité maléfique fait office de serial killer et tue les habitants en inscrivant un chiffre sur leur front. Bannister va comprendre que cette série de meurtres a quelque chose à voir avec un fait divers ancien : un jeune homme a jadis tué, par pur plaisir, douze personnes dans l’hôpital de Faiwell. Il a fini non repenti et fier de lui sur la chaise électrique mais sa petite amie, alors âgée de quinze ans est récemment sortie de prison et vit recluse dans sa maison. Tiens justement, la maison du début…

Ce film de Peter Jackson compte un nombre effrayant de scènes déjà vues cent fois (Bannister qui conduit comme un tocard et emplafonne tout sur son chemin, la police incompétente qui tire n’importe comment…) : difficile d’en sourire. Quelques trouvailles même pas drôles n’arrangent rien : le sportif aux nains de jardin, le vieux fantôme gardien du cimetière qui tire sur tout ce qui bouge, l’agent du FBI à la mèche hitlérienne complètement allumé, les fantômes gardiens, dont un Noir clone de James Brown.

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La fin n’est pas loin de ce qu’il y a de pire dans ce film. Je la raconte, ne lisez pas si vous pensez que ce film recèle un suspens que je dévoilerais ici honteusement, Peter Jackson me pardonnera. Bannister se sacrifie pour entraîner son ennemi définitivement loin de la terre. Pour ça, ils empruntent le fameux tunnel lumineux (eh oui…), arrivent au paradis (enfin juste Bannister car l’ennemi est envoyé illico presto en enfer, ce film est avant tout moral). Donc Bannister retrouve sa femme aimée et souriante (quand elle est morte, il s’engueulait avec elle) qui lui dit que non mon chéri, ton heure n’est pas venue, et le voilà qui repart sur terre, in corpore sano, c’est chouette, il va pouvoir se faire la potiche qui tient lieu d’héroïne (Trini Alvarado).

Il y a quand même quelques effets spéciaux pour sauver le film de Peter Jackson : le fantôme dans la maison, le masque de fantômes dégoulinant dans le cimetière, le tentaculaire chemin direct vers l’enfer. Quelques scènes un peu gore mais à peine, le plus effrayant est sans doute l’affiche qui du coup trompe sur la marchandise.

Finalement, ce film est tellement bête que je préfère Ghost Buster, que je ne ferai pas l’erreur de revoir vingt ans après, ça pourrait être fatal au souvenir juvénile que j’en ai.

Fantômes contre fantômes
Peter Jackson, 1996

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Mes Imaginaires est un blog de lecture animé depuis le 6 janvier 2004 par Sandrine Brugot : chroniqueuse littéraire, membre du jury du Grand Prix de l'Imaginaire de 2008 à 2018, formatrice et animatrice de débats.

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