Adultes

La singulière tristesse du gâteau au citron – Aimee Bender

Aimee BenderQuel ennui que ce livre d’Aimee Bender ! Qui pourtant ressemble de loin (quand on ne l’a pas encore ouvert) à une douce fable sur l’enfance et la différence.

Rose, héroïne d’Aimee Bender, a neuf ans quand elle découvre, après l’ingestion d’un gâteau au citron maternel, qu’elle peut deviner les sentiments des gens en mangeant leur cuisine. C’est ainsi qu’elle comprend à douze ans, grâce à un regain d’enthousiasme  et de joie de vivre dans les plats, que sa mère a un amant. Elle devine que l’omelette a été faite avec des oeufs du Nebraska pondus par des poules neurasthéniques et ramassés par des ouvriers clandestins épuisés. Du coup, rien ne lui plaît plus que la nourriture industrielle. Car l’expérience se réitère à chaque repas. Bon. Ça peut devenir lassant. Et ça le devient.

Alors Rose a un frère plus vieux qu’elle, Joseph, un génie incompris nous fait comprendre Aimee Bender, du  genre qui vit enfermé dans sa chambre à penser à des trucs très puissants. Mais les facs ne veulent pas de lui. Ce qui n’est pas plus mal parce que ce qu’il aime par-dessus tout, c’est la solitude. Pour pouvoir disparaitre tranquillement, sans que personne ne le cherche.

En fait, il ne fait pas que disparaître Joseph, il va bien au-delà. Et ce que son super-pouvoir à lui lui permet de faire est juste complètement ridicule. Un roman sur la difficulté d’être à l’adolescence, soit, mais on tombe avec Joseph dans le n’importe quoi.

Je suis certainement passée à côté de « la magie de l’enfance » évoquée par Aimee Bender, de l’entrée dans l’adolescence… etc., mais Rose racontant ses journées, ses repas, sa maman, son papa, sans que rien ne survienne, c’est ennuyeux. Rose ne fait rien de son don, elle n’en parle quasiment pas. Les personnages n’ont aucun relief et donc aucun intérêt.

Je lis partout que c’est un roman attachant. Ça doit être ça mon problème : je déteste cet adjectif…

Les Inrocks ont aimé.

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La singulière tristesse du gâteau au citron (The Particular Sadness of Lemon Cake, 2010), Aimee Bender traduit de l’anglais (américain) par Céline Leroy, L’Olivier, février 2013, 343 pages, 22.50€

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