L’éternéant – Neal Shusterman


ShustermanLors d’un accident de voiture, la voiture du père de Nick percute celle du père d’Allie : les deux jeunes adolescents meurent sur le coup et tombent en même temps dans « un tunnel vertigineux » qui les aspire vers une lumière. Jusqu’à ce qu’ils se cognent l’un l’autre et se réveillent dans un endroit étrange. C’est l’éternéant, un lieu pour les enfants qui ont raté leur sortie. Ils y rencontrent un jeune garçon, qu’Allie baptise Root, qui vit dans la forêt luxuriance dans laquelle ils se sont réveillés depuis très longtemps, même s’il garde l’apparence qu’il avait à sa mort. Allie n’étant pas du genre à rester sur place, les voilà partis tous trois. Ils arrivent au clan de Mary qui « vit » avec de nombreux enfants dans l’image rémanente et éternelle des Twin Towers. La douce et patiente Mary fait figure de reine parmi les enfants qui l’entourent et l’adorent. Elle a écrit de nombreux livres à succès traitant de la vie dans l’éternéant. Son petit royaume est un havre pour ses pensionnaires qui n’ont rien à y craindre, pas plus le Hanteur que le légendaire McGill qui vient prendre les enfants.

Nick et Root s’y plaisent mais Allie soupçonne quelque chose de pas naturel : en les observant bien, elle constate que les enfants font toujours la même chose, que chaque journée est semblable à la précédente : ils s’enferment dans une routine rassurante, s’y engluent jusqu’à ne plus faire autre chose. Allie s’en prend à Mary, conteste son autorité puis décide d’aller voir ailleurs et tombe sur le Hanteur qui fait prisonniers Nick et Root.

D’aventure en aventure, l’autorité de la reine Mary va se trouver compromise et le McGill affrontera adversaire à sa taille en la personne d’Allie l’intrépide. Beaucoup d’action donc pour un roman, premier tome d’une trilogie, qui traite du thème assez délicat de la vie après la mort. Difficile d’échapper à la lumière au bout du tunnel, mais Neal Shusterman crée un entremonde  cohérent, mais si parfois il aurait pu être un peu plus sombre et inquiétant pour gagner en profondeur. L’auteur se focalise plus sur les personnages qui évoluent, se complexifient. Il aurait été facile de faire de Mary une fausse gentille et une vraie despote, et du McGill un capitaine Crochet, c’est heureusement plus complexe que ça.

Ce roman pourrait se suffire à lui-même mais c’est le premier tome d’une trilogie, « La trilogie des Illumières » du nom des habitants de cet entremonde.

La Trilogie des Illumières – 1 : l’éternéant (Everlost, 2006), Neal Shusterman traduit de l’anglais par Alexandre Boldrini et Anne-Judith Descombey, Le Masque (MsK), janvier 2012, 308 pages, 17€

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