Le premier sang – Sire Cédric


Sire-Cedric.jpgEva Svärta est une femme flic qui ne passe pas inaperçue : grande et svelte comme il se doit (à part Violette Retancourt, on voit rarement dans la police d’héroïne obèse), elle cache ses yeux rouges derrière des lunettes noires, mais ses cheveux blancs révèlent assez sa nature d’albinos. Elle fait équipe au quotidien avec un certain Erwan Leroy qui a décidé de coincer un vendeur de drogue quasi intouchable : Ismaël Constantin. La planque se passe très mal et l’appartement du dealer est incendié : on le retrouve complètement carbonisé, torturé avant sa mort.
Un autre incendie se déclare peu après, chez les Reich à Neuilly-sur-Seine. Ce que les deux enquêteurs ignorent mais que le lecteur sait, c’est que la brillante femme d’affaire Madeleine Reich, après que de sanglants et profonds stigmates soient apparus sur ses joues, a assassiné son mari et mis le feu à sa maison. Si seulement Eva Svärta n’était pas obsédée par l’assassinat de sa soeur jumelle qui a eu lieu vingt-cinq ans plus tôt mais qui ne cesse de la hanter…

Ce roman fait suite à De fièvre et de sang qu’il n’est cependant pas nécessaire d’avoir lu pour comprendre celui-ci, l’auteur faisant efficacement en sorte que le lecteur comprenne l’essentiel. On suit parallèlement Alexandre Vauvert, ex-collègue et amant d’Eva travaillant à Toulouse sur la disparition d’un autre brillant homme d’affaire, Pierre Loisel. Et grâce à l’évocation des années d’études de Madeleine, se dessine le passé d’une jeune fille subjuguée par son amant, Ismaël Constantin puis entraînée dans une spirale de rituels toujours plus sanglants et cruels.

La construction est donc habile, petit à petit, le lecteur construit le passé des différents protagonistes et comprend ce qui les lie. C’est tout de même par un hasard bien providentiel que les enquêtes des deux amants se rejoignent et que l’histoire d’Eva recoupe celle de Madeleine, dommage. 

Alexandre Vauvert n’est pas très présent dans ce volume, il fait plutôt figure de héros à la rescousse de la belle en danger, mais Eva Svärta est un personnage consistant, cohérent, à forte personnalité, bref, une héroïne de tempérament que l’on visualise rapidement. 

Ce qui domine et caractérise l’écriture de Sire Cédric, c’est la noirceur qu’il met en ?uvre. Fascination pour le sang, secte, domination, pouvoirs surnaturels, mutilation, cruauté : les ingrédients sont pesés de façon à ce qu’on ne tombe pas dans un degré d’horreur insupportable. Certaines scènes sont certes dures, mais sans pour autant dépasser le stade où il n’est plus possible de lire. Le lecteur expérimente toutes sortes d’émotions,  au premier rang desquelles la peur, bien entendu. Le réalisme de certaines scènes met bien plus mal à l’aise que certaines évocations gothiques et quelque peu grand-guignolesques (totalement absentes ici, tant mieux) : je trouve le pervers sadique bien plus terrifiant que le vampire. 

500 pages qui se lisent facilement tant l’écriture est efficace, les chapitres courts, parfois juste une phrase, dynamisant la lecture.

Sire Cédric sur Mes Imaginaires.

Le premier sang, Sire Cédric, Le Pré aux Clercs (Thriller), mars 2012, 511 pages, 19.50€

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