Ghostopolis – Doug Tennapel


Des vivants et des morts… que d’histoires à raconter sur ce motif propre à activer l’imagination plus ou moins nécrophiles des bédéistes. Plutôt moins ici d’ailleurs : pas de zombies en mal d’humains. Non, au contraire, ce sont plutôt les vivants qui investissent le royaume des morts.

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Garth est un adolescent comme les autres. Sauf qu’on ne tarde pas à découvrir qu’il est atteint d’une maladie grave et condamné à court terme. Frank Gallows travaille pour la force d’intervention de l’immigration surnaturelle où il fait fonction de chasseur de fantômes : il traque les contrevenants qui s’aventurent chez nous, en toute illégalité bien sûr, et les renvoie dans l’au-delà, direction Ghostopolis grâce à ses menottes à plasma.

Mais voilà qu’un jour il commet une bourde, et pas la première : alors qu’il ne le voit pas entièrement (il est en train de traverser un mur), Frank passe les menottes aux postérieurs d’un cheval fantôme. Or, de l’autre côté du mur se trouve Garth que ledit cheval traverse aussi au moment où il est fait prisonnier. Résultat : le cheval est renvoyé dans l’au-delà avec Garth, bien vivant. Ils vont avoir rapidement à faire face à divers dangers, dont des hordes de squelettes très hostiles et à un certain Vaugner qui sème la discorde au royaume des morts pour mieux régner. Frank, aidé de Claire Voyante, charmante spectre dont il est amoureux et qui fut sa maîtresse, rejoint Ghostopolis pour ramener Garth parmi les vivants.

J’ai apprécié le graphisme et les couleurs plutôt sobres de ce comics. Les visages sont taillés à la serpe et les décors réduits au minimum, l’accent étant mis sur les expressions des visages ainsi que sur les êtres surnaturels du royaume des morts. L’auteur s’est plu à créer des créatures effrayantes mais drôles. L’humour domine, avec un brin d’amourette entre Frank et Claire, mais l’émotion est toujours présente, c’est ce qui fait la différence ici. Le final tourne aux super-héros, ce que j’apprécie moins, mais la multiplicité des intrigues tient le lecteur jusqu’au bout de ce final titanesque et moral. Car oui, cette histoire ressemble à un conte où chacun se retrouve face à ses responsabilités, où le jeune héros combat le grand méchant et où la gentille princesse (certes très modernisée) l’emporte grâce à son charme et son bon sens.

Ghostopolis (2010), Doug Tennapel, traduit de l’anglais par Philippe Touboul, Bragelonne (Milady Graphics), mars 2012, 266 pages, 22.90€

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